Le SMYM en quête de notoriété
Yonne. Alors qu’il s’apprête à inaugurer les travaux de restauration de l’Île du Moulin du Président, le syndicat mixte Yonne Médian (SMYM) souhaite, sous l’impulsion de son nouveau président, mettre en lumière ses prérogatives.
Sur un vaste territoire couvrant 129 communes et comptant 126 000 habitants – de la commune nouvelle de Deux-Rivières au sud jusqu’à l’agglomération sénonaise au nord –, le syndicat mixte Yonne Médian (SMYM) gère « l’équilibre complexe » des cours d’eau affluents qui alimentent le bassin de l’Yonne. Financée par la taxe Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations) prélevée principalement auprès des Établissements publics de coopération intercommunale et via la Contribution foncière des entreprises, la collectivité territoriale a pour mission principale de « réparer les erreurs du passé ». Notamment les rectifications de cours d’eau qui ont accéléré les flux et ainsi augmenté les risques d’inondation.
Comme le souligne Michael Taton, président du syndicat nouvellement élu : « On se rend bien compte qu’il y a un enjeu important à tout niveau sur la gestion de l’eau. Ce n’est pas seulement l’eau potable, ce n’est pas seulement l’eau de ruissellement ou la protection des milieux aquatiques. Il s’agit d’adopter une vision globale du cycle de l’eau. » Un impératif pour lequel le SMYM se mobilise pleinement.
Un investissement « vert » de 1,5 M€
Son projet phare actuel se situe au cœur d’Auxerre, sur l’Île du Moulin du Président. Ce périmètre de 15 hectares, labellisé Espace naturel sensible, a fait l’objet d’une réhabilitation d’envergure portée intégralement par le syndicat. L’objectif est double : restaurer une zone humide stratégique et la rendre accessible au public grâce à un parcours pédagogique. Alexia Schmit, directrice du syndicat depuis sa création en 2019, explique l’importance technique de ce site : « Une zone humide, ça joue le rôle d’une éponge qui va stocker l’eau en période hivernale et la restituer en période de sécheresse. »
Ce « poumon vert » situé en milieu urbain a nécessité une première phase de travaux de 486 000 €, financée à 80 % par l’Agence de l’eau Seine Normandie et le conseil départemental de l’Yonne. Les travaux ont consisté à « ouvrir le milieu » en éliminant les espèces envahissantes pour favoriser la biodiversité locale, tout en installant un platelage de 300 mètres de long pour la promenade. Une seconde phase de 700 000 € visera à restaurer la « continuité écologique » pour permettre aux poissons de franchir le barrage de la Lune Brûlée, portant l’investissement total sur le site à près de 1,5 M€.
Au-delà des chantiers à portée environnementale, le SMYM joue un rôle d’ingénierie prépondérant auprès des communes et des entreprises. En effet, le syndicat travaille en partenariat avec les chambres consulaires pour réduire la vulnérabilité des actifs économiques face aux inondations. Cette expertise permet, en outre, de guider pleinement les porteurs de projets à l’aune des bouleversements climatiques et du « Zéro artificialisation nette ». Avec neuf collaborateurs spécialisés et un budget d’investissement de près de 4,1 M€ cette année, la structure - trop méconnue des acteurs économiques, selon le propre aveu de la direction - souhaite s’affirmer comme référent conciliant développement économique et préservation de la ressource en eau. « Nous sommes un syndicat mixte encore relativement jeune mais nous allons jouer un rôle important à venir », conclut Michael Taton.