Les anciennes écuries de Sens retrouvent leur éclat
Yonne. L’État, propriétaire de l’aile des écuries du Palais des archevêques de Sens, finance la rénovation de son enveloppe extérieure pour un montant de 2 M€.
Au cœur d’un ensemble patrimonial exceptionnel comprenant la cathédrale Saint-Étienne, le palais synodal et l’orangerie, le palais archiépiscopal trouve son origine à la fin du 10e siècle. Après l’incendie du quartier canonial, l’archevêque Séguin fait édifier une nouvelle résidence. Au fil des siècles, le palais est agrandi, transformé et enrichi de nouveaux bâtiments, dont les écuries.
Celles-ci sont détruites par un incendie en 1683 avant d’être reconstruites et entièrement repensées à partir de 1758 par l’architecte Claude-Louis d’Aviler.
Attendu depuis de nombreuses années, leur rénovation a débuté en mai 2026. Cette première phase, qui s’achèvera dans 19 mois, porte sur la restauration de la couverture et de la façade.
Un chantier de 2 M€
Cette opération s’inscrit dans le vaste programme de restauration du patrimoine historique engagé par l’État, notamment dans le cadre du plan de relance.
Les travaux concernent l’ensemble de l’enveloppe extérieure du bâtiment et se répartissent en quatre lots : l’installation d’un échafaudage couvert par un parapluie de protection, les travaux de maçonnerie (réfection des enduits, remplacement de pierres et restauration des décors), la restauration de la charpente et de la couverture en ardoise, ainsi que le remplacement complet des menuiseries et ouvrages de ferronnerie.
« Scientifiquement, l’objectif de cette opération est de restituer le bâtiment dans son état du 18e siècle et d’effacer les transformations malheureuses qui ont été réalisées au 19e et au 20e siècle », souligne Jean-Baptiste Rezvoy, ingénieur du patrimoine à la Conservation régionale des monuments historiques.
Une ambition muséale de longue date
Cette première phase de restauration marque une étape décisive dans le projet d’extension du musée de Sens, porté par la municipalité depuis plus de trente ans. Cette ambition est notamment évoquée dès 1983 par Lydwine Saulnier-Pernuit et Bernard Collette dans le Bulletin monumental, qui imaginaient déjà la réunion des collections sénonaises au sein de l’ensemble des bâtiments du palais.
Au-delà de la sauvegarde du monument, c’est donc l’avenir même du musée de Sens qui se dessine. L’état des anciennes écuries s’est en effet progressivement dégradé au fil du temps. Il y a une dizaine d’années, des infiltrations d’eau avaient nécessité une opération d’urgence et la mise en place d’une couverture provisoire pour sécuriser l’édifice. Malgré les importantes restaurations menées en 2025 sur les ailes François Ier et Henri II (1,2 M€), destinées à renforcer l’attractivité du musée, les anciennes écuries restaient inexploitables et en marge du parcours muséal.
Ce projet d’extension pourra désormais se concrétiser avec la rénovation des espaces intérieurs, qui fera l’objet d’une seconde phase.