Collectivités

Les Mâconnais passent au circuit court électrique

Saône-et-Loire. La ville de Mâcon et la Smeg ont lancé officiellement mardi 16 juin le service d’autoconsommation collective d’électricité grâce à la centrale solaire installée sur le site de l’ancienne décharge de la Grisière.

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La grisière Smeg
Un terrain vague inexploitable et pollué est désormais un gisement d’électricité verte et locale, très discret dans le paysage. Crédit : AL Drone.

C’est sous un soleil de plomb, heureux présage sans doute, que les souscripteurs à l’offre d’électricité verte et locale, ont pu découvrir « leur » centrale photovoltaïque de la Grisière, accueillis par le directeur ENR dela Smeg, opérateur énergétique basé à Monaco, Olivier Marchand et Jean-Patrick Courtois, maire de Mâcon. Ce dernier a rappelé l’intérêt économique du projet pour sa collectivité, sur un terrain mouvant et inutilisable (il repose sur les déchets enfouis) qui désormais va rapporter aux contribuables 75 000 € de loyer annuel « et même 100 000 € si on ajoute les économies liées à l’entretien du terrain. »

Une communauté de souscripteurs

Ce projet d’envergure, monté en partie grâce à un financement participatif dédié aux acteurs locaux, est vertueux à plus d’un titre : il produit de l’électricité verte, 6 Mégawatt Crête dont un est réservé à l’autoconsommation dans un périmètre de 2 km, les 5 autres étant injectés dans le réseau, à tarif garanti pour 20 ans.

La production annuelle de ce site de 5,4 ha s’élève à 7,8 Gigawatt heure, soit l’équivalent de la consommation de 1 800 foyers. À ce jour, une cinquantaine de particuliers ont souscrit à l’offre, sans frais d’entrée, ainsi qu’une dizaine d’acteurs locaux (entreprises, commune de Mâcon, CH Mâcon, des négociations sont en cours avec le SDIS). « On a dû ouvrir une liste d’attente », précise Sandrine Pellier, cheffe de projet au sein de SerenySun Energies, en charge du lien avec la communauté de consommateurs.

Le centre hospitalier, client majeur

La centrale de la Grisière alimentera les foyers individuels à hauteur de 20 à 30 % de leur consommation, (charge à leur fournisseur de déduire cette part de la facture), à un prix légèrement inférieur au marché. « Je vais faire environ 3 % d’économie, calcule cette retraitée souriante, donc c’est surtout pour faire notre B.A pour l’écologie ».

Olivier Marchand et Raphaël Hasni et le maire de Mâcon
Le maire de Mâcon, entouré par Olivier Marchand et Raphaël Hasni (Smeg), s’est félicité du recours à des personnes en insertion, via l’organisme Aile Sud-Bourgogne, pour le chantier et pour l’exploitation de la centrale photovoltaïque de la Grisière. Crédit : JDP.

Pour l’hôpital de Mâcon, engagé dans une stratégie de décarbonation, l’enjeu est loin d’être anodin. Contrairement aux particuliers dont la souscription est sans engagement, l’établissement public a négocié un contrat de dix ans qui le place à l’abri des fluctuations du cours européen de l’électricité. « La centrale fournira 16 % de notre consommation annuelle », annonce Frédéric Durranc, directeur achats logistique. « On fonctionne 7 jours sur 7 et H24, on leur apporte une consommation régulière et homogène sur l’année ». Économies estimées ? Plus de 25 000 € sur une facture annuelle de 1 à 1,5 M €. « C’est aussi notre rôle d’acheteur public de favoriser le local », justifie l’acheteur.

La SMEG ne s’interdit pas à l’avenir l’augmentation de la part de 1 MWc d’autoconsommation par l’installation de nouveaux modules sur le site ou sur un site voisin.

La ville et la SMEG ne veulent pas s’arrêter là

Le maire de Mâcon, qui entame son cinquième mandat, n’entend pas non plus s’arrêter en si bon chemin. Il a lancé une étude pour connaître la faisabilité de l’implantation de panneaux photovoltaïques sur les toitures et parking de la ville. Le gymnase Schumann, à reconstruire suite à un incendie, sera équipé en 2027 et le parking de Champvert, totalement à refaire, pourrait l’être aussi avec toujours la volonté de proposer aux riverains d’autoconsommer l’électricité produite.