Collectivités

Lisa, les grandes manoeuvres auront bien lieu

Yonne. Le 18 mars dernier, les travaux de la Liaison sud d’Auxerre (Lisa) ont officiellement été lancés pour sa section départementale qui doit relier le rond-point de Villefargeau à la route nationale 151 au nord de Vallan.

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En l’absence remarquée du préfet de l’Yonne, Pascal Jan, plusieurs élus se sont retrouvés autour de Christophe Bonnefond, vice-président départemental chargé des infrastructures, de Grégory Dorte, président du conseil départemental de l’Yonne, et de Crescent Marault, maire d’ Auxerre et président de la communauté d’agglomération de l’Auxerrois, pour donner le coup d’envoi officiel des travaux de la section départementale de la Liaison sud d’Auxerre (Lisa). (Crédit : JDP.)

De ce côté-ci de la Bourgogne, elle suscitait le débat depuis près d’un quart de siècle sans pourtant n’avoir jamais laissé transparaître le moindre gravillon. Mariée, un temps, à une hypothétique autoroute répondant au nom de code « Tab », qui aurait relié Troyes, dans l’Aube, à Bourges dans le Cher, et qui serait passée par la cité bourguignonne, elle se faisait connaître parfois sous le terme de « déviation » ou de « contournement sud auxerrois », mais n’était jamais apparue sur les cartes routières. « Tout le monde était d’accord pour la faire mais personne n’avait budgété son financement… », résume en quelques mots Crescent Marault, le président de la communauté d’agglomération qui avait fait de ce chantier l’une des priorités de son mandat. Dans l’Yonne, l’Arlésienne a désormais un (pré)nom, Lisa, et même, depuis le 18 mars, une « silhouette » qui, grâce à la magie de la technologie, a été révélée à une poignée d’élus, ébahis, par un drone survolant les 3,6 kilomètres de la section sous maîtrise d’oeuvre du conseil départemental.

Une première immersion aérienne pour un chantier au long cours qui promet de bouleverser le quotidien des habitants de l’Auxerrois, souligne Christophe Bonnefond, vice-président de la collectivité territoriale en charge des infrastructures. Un sentiment partagé par Grégory Dorte, le président du conseil départemental, qui a souligné l’importance de cette liaison pour désengorger le territoire et offrir une meilleure fluidité aux automobilistes. « L’un des gros enjeux, c’est la réduction des risques pour tous les usagers de la route. Avec la Lisa, on va fluidifier le trafic et réduire les points de congestion, ce qui signifie moins d’accidents et une meilleure cohabitation entre voitures, camions et autres usagers ».

Construire ce tronçon, c’est avant tout apporter une réponse concrète à un casse-tête bien connu des usagers de la route : les embouteillages récurrents dans le centre-ville d’Auxerre et la saturation des axes principaux. Le projet prévoit de délester ces axes en proposant une alternative plus fluide pour les habitants et les transporteurs. À terme, cette liaison permettra ainsi de réduire considérablement le temps de trajet entre les communes limitrophes et de sécuriser les déplacements.

Projet de territoire

L’ampleur des travaux implique néanmoins une coordination millimétrée. Chaque étape a été scrupuleusement planifiée afin de respecter les délais et de limiter l’impact sur les habitants. « C’est un projet ambitieux, et nous veillons à ce qu’il se fasse dans les meilleures conditions possibles, aussi bien pour les riverains que pour l’environnement », précise Christophe Bonnefond. La dimension environnementale a nécessairement été placée au coeur du projet. Des mesures de « renaturation » ont été prévues, notamment la plantation de nouvelles espèces végétales et la préservation de la biodiversité locale.

Des corridors écologiques seront également aménagés pour garantir la saine circulation des espèces animales, impactées par la construction de la route. « La Lisa va permettre de supprimer 15.000 véhicules dont des camions qui transitent par Auxerre - mais aussi Perrigny, Saint-Georges-sur-Bauche, Augy, Champs-sur-Yonne - et qui n’ont rien à y faire. Ce n’est pas qu’une simple déviation. C’est un projet d’aménagement du territoire qui va permettre de repenser le plan de circulation, de réaménager et végétaliser les espaces publics, de réaliser des pistes cyclables sécurisées et d’améliorer la qualité de l’air », martèle Crescent Marault. Elle autorise aussi à imaginer l’émergence d’un quartier expérimental « bas carbone » de 17 hectares à l’emplacement du Batardeau et des Montardoins « qui prévoit notamment de prolonger les aménagements paysagers des quais de l’Yonne vers le quai du Batardeau, qui deviendra fermé à la circulation ». Une liaison routière indispensable aujourd’hui qui, 25 ans après les premières esquisses, va nécessiter 148 M€ d’argent public. Soit quelque 15 M€ du kilomètre. Lisa, une voie manquait et tout semblait dépeuplé…