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Lutte contre l’innumérisme : un partenariat inédit signé à Dijon

Côte-d’Or. La Banque de France et l’Anlci ont officialisé un partenariat visant à renforcer l’autonomie des citoyens et prévenir les situations de vulnérabilité liées à l’illettrisme, l’illectronisme et la fragilité financière. Une première nationale, avec une expérimentation clé dans le Territoire de Belfort.

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Laurent Fraisse et Julie Nardin
Laurent Fraisse (banque de France) et Julie Nardin (Anlci). Crédit : JDP.

Mercredi 29 juillet, le siège de la Banque de France à Dijon a accueilli la signature d’une convention de partenariat avec l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (Anlci). Pour Laurent Fraisse, directeur de la Banque de France, cette union est stratégique : « Nous voulons renforcer nos actions communes pour favoriser l’autonomie financière des citoyens, s’assurer qu’ils ont la maîtrise de certains outils et concepts, que ce soit dans la gestion budgétaire et dans l’intégration dans la vie sociale, économique et professionnelle. »

La Banque de France, en tant qu’opérateur national d’éducation financière, voit dans ce rapprochement un levier essentiel pour prévenir le surendettement, lié aux difficultés rencontrées par certains publics dans la maîtrise des compétences de base, notamment en matière de numératie. Julie Nardin, coordinatrice nationale de l’Anlci, rappelle que l’illettrisme et l’innumérisme touchent 10 % de la population adulte, soit 3,7 millions de personnes en France qui peinent à « lire, écrire, compter, cliquer bien qu’ayant été scolarisées. Un de nos enjeux premiers est de sortir ces publics de l’invisibilité, dont le sentiment de honte complique le repérage », souligne-t-elle, insistant sur le fait que ces « handicaps freinent l’accès aux droits et à la vie sociale ».

Premier test dans le Territoire de Belfort

Ce partenariat prend une dimension concrète avec une expérimentation pilote lancée dans le Territoire de Belfort, identifié comme le département de BFC le plus touché, à la fois, par l’illettrisme et par le surendettement (la BFC compte 7 472 dossiers de surendettement déposés entre juillet 2025 et juin 2026, en progression depuis trois ans).

« L’idée est d’aller au croisement de l’éducation financière et du surendettement, en promouvant notamment les outils "Educfi" de la Banque de France, auprès des travailleurs sociaux pour toucher un public cible et également en élargissant le spectre avec l’aide de l’Anlci qui est davantage en capacité de toucher les publics invisibilisés », précise Cyril Georges, chargé de mission régional BFC à l’Anlci. Dès septembre, une « coopérative des solutions » portée par l’Anlci avec le soutien du FSE+, impliquant notamment des personnes en situations de vulnérabilité et de nombreux partenaires locaux sera mise en place pour adapter cet outillage pédagogique aux réalités du terrain.

Marie-Claire Staquet, directrice départementale du Territoire de Belfort à la Banque de France, souligne l’importance de cette prise de conscience : « Quelqu’un qui est en surendettement parce qu’il n’est pas en capacité de faire ses comptes, pour qui les chiffres ne lui parlent pas, c’est une notion rarement évoquée jusqu’ici. » Si elle s’avère concluante, cette expérimentation belfortaine a vocation à être dupliquée à l’échelle régionale, puis nationale, pour briser l’invisibilité de ce handicap social.