Collectivités

Mettre le lycée au cœur du territoire

Région BFC. Première autosaisine de la mandature, le rapport sur le devenir des lycées tient compte du déclin démographique quoique contrasté des élèves et du vieillissement des personnels.

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Deuxième poste budgétaire régional (336 M€) en BFC, les lycées étaient l’objet du dernier rapport du Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser), fruit d’une autosaisine de l’organisme. Il s’inscrit dans un climat tendu, la loi sur la simplification de la vie économique ayant en effet rendu l’existence des Ceser facultative, soumis au bon vouloir de l’exécutif régional. Plusieurs parlementaires ont d’ailleurs saisi le Conseil constitutionnel pour contester cette suppression, arguant de l’importance de ces regards de la société civile pour éclairer les politiques publiques. C’est dans ce contexte de résistance institutionnelle que le Ceser BFC présente ses préconisations, articulées autour de quatre axes majeurs pour adapter les lycées aux réalités de demain, la première d’entre elles étant la déprise démographique puisqu’on évalue à 11.000 en 2035 le nombre d’élèves en moins par rapport à l’effectif actuel de 83.000 lycéens.

Le premier levier identifié est la modernisation de la gouvernance. L’idée phare est l’instauration d’un « contrat territorial lycée ». Ce nouvel outil, déployé à l’échelle du bassin de vie, doit permettre de mettre autour d’une même table les élus, la communauté éducative et les acteurs socio-économiques. L’objectif, coordonner de manière cohérente l’offre de formation, mais aussi les questions cruciales de mobilité et d’hébergement et mettre le lycée au cœur de l’organisation territoriale. Pour sceller ce lien, le rapport demande un renforcement de la présence des élus régionaux au sein des conseils d’administration des établissements.

Hybrider les bâtiments

Face aux contraintes budgétaires et à la baisse du nombre d’élèves, le Ceser prône l’optimisation : plutôt que de supprimer des classes voire des établissements, l’instance suggère de mutualiser les moyens. Restauration, maintenance, partage d’équipements : l’idée est de réaliser des économies d’échelle sans altérer la qualité du service. Le rapport invite également à expérimenter de nouveaux modèles organisationnels, plus souples, pour garantir la viabilité économique des petites structures, et imaginer dès la phase de travaux les possibilités d’hybridation du lieu. En ouvrant, par exemple, les plateaux techniques à la formation pour adultes ou en accueillant des associations, l’établissement devient un pilier du développement territorial.

Carte des formations

Le Ceser appelle à un plan de sauvegarde spécifique pour les lycées professionnels ruraux. Pour ces établissements isolés, la solution résiderait dans l’ouverture de formations de « niche » ou à forte demande. L’enseignement hybride (utilisation du numérique et du travail en réseau) ainsi que les partenariats accrus en resserrant les liens entre lycées, CFA et entreprises via les Campus des métiers et des qualifications, garantiraient le maintien des options à faibles effectifs et d’un maillage territorial des lycées généraux et pro essentiel dans une région BFC essentiellement rurale.

Enfin, le Ceser insiste sur la qualité de vie et l’ancrage local via une adaptation fine des transports scolaires aux impératifs pédagogiques et une meilleure accessibilité des bâtiments, afin de transformer le lycée en un véritable lieu de ressources pour tous.