Quand l’insertion « renoue » avec l’emploi
Insertion. Malgré un contexte économique tendu et une baisse de l’activité, Renouer affiche un bilan contrasté mais encourageant. L’association intermédiaire, qui accompagne les personnes éloignées de l’emploi, revendique un taux de retour vers l’emploi record de 88 % en 2025.
« Beaucoup connaissent France Travail ou les missions locales, mais peu savent réellement ce que fait une association intermédiaire », regrette Isabelle Joaquina, directrice générale de Renouer Yonne. Pourtant, depuis près de 40 ans, la structure agit comme un véritable facilitateur entre les entreprises en manque de main-d’œuvre et les personnes éloignées de l’emploi. En 2025, l’association a accompagné 419 salariés en insertion sur le territoire de l’Auxerrois, du Chablisien, du Tonnerrois ou encore de la Puisaye-Forterre. Un chiffre en baisse par rapport aux 525 personnes accompagnées l’année précédente. La raison ? Une activité économique moins dynamique. « Nous avons perdu près de 5.000 heures de mise à disposition », explique la directrice générale. L’association est passée d’environ 100.000 heures travaillées en 2024 à 95.000 en 2025. Un recul directement lié au contexte économique. « Les entreprises ont moins sollicité de personnel. Quand les demandes diminuent, nous embauchons forcément moins de personnes en insertion », souligne Isabelle Joaquina.
Des résultats record malgré une année mitigée
Si l’activité économique a légèrement ralenti, les résultats sociaux, eux, atteignent des sommets. Renouer revendique un taux de sortie vers l’emploi de 88 %, soit une progression de 11 points en un an. « Nous n’avons jamais atteint un tel niveau », se félicite Isabelle Joaquina. CDI, CDD, formation ou reprise d’activité : l’objectif reste toujours le même, remettre progressivement les personnes dans le monde du travail. « Certaines personnes reprennent avec quelques heures seulement, d’autres peuvent travailler directement à temps plein. Tout dépend du parcours et des difficultés rencontrées », explique-t-elle. Néanmoins les freins à l’emploi restent nombreux : mobilité, endettement, problèmes de logement, troubles psychologiques ou encore perte de confiance en soi. L’association accompagne aussi bien des jeunes déscolarisés que des seniors, des allocataires du RSA (Revenu de solidarité active) ou des personnes en situation de handicap.
Le maraîchage bio dans le viseur pour 2026
Parmi les principaux défis identifiés figure désormais le chantier maraîcher bio de Cheny. Sur les trois hectares exploités par la structure, les résultats restent insuffisants. En 2025, l’activité n’a généré que 35.000 € de recettes. « Nous ne produisons pas assez et nous ne vendons pas assez », reconnaît Claire Duchet. Objectif affiché pour 2026 : quasiment doubler le chiffre d’affaires pour atteindre 60.000 €. La production, les techniques agricoles et la commercialisation doivent être renforcées, notamment face aux difficultés liées au changement climatique. À l’inverse, le chantier espaces verts de Pontigny affiche une santé florissante avec près de 132.000 € de chiffre d’affaires. L’objectif pour 2026 est clair : retrouver le cap des 100.000 heures travaillées, développer une clientèle plus large et favoriser davantage de sorties vers des emplois durables.