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Réarmement : la BFC en première ligne !

Région BFC. Le 2 juillet, le 1er régiment d’artillerie de Bourogne a accueilli la deuxième édition de la Journée découverte des opportunités de marchés dans l’industrie de la Défense. Dans un contexte géopolitique marqué par le retour de la guerre de haute intensité, plus de 400 participants, dont de nombreuses PME régionales, sont venus chercher les clés pour intégrer une filière stratégique portée par une loi de programmation militaire aux budgets historiques. Entre diversification industrielle et impératif de souveraineté, la région structure sa réponse pour devenir un pilier de la Base industrielle et technologique de défense (BITD) nationale.

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MBDA et Safran
MBDA et Safran ont remporté, face au groupement Ariane Group/Thales, l’appel d’offres de la DGA visant à doter l’artillerie française d’une capacité à longue portée souveraine et performante. Il développeront le Thundart capable de traiter des cibles jusqu’à 150 km. Crédit : JDP.

Plus de 630 rendez-vous d’affaires ont été organisés entre les entreprises locales et les géants du secteur comme Dassault, Thales ou Arquus, lors des deuxièmes journées dédiées aux marchés de l’industrie de la défense qui se sont déroulées dans les murs du 1er régiment d’artillerie de Bourogne, près de Belfort. Cet événement est soutenu par le Sénat, l’Agence de l’innovation de défense, le Secrétariat général pour l’administration du ministère des Armées, la Direction générale de l’armement (DGA), le 1er Régiment d’Artillerie de Bourogne et Grand Belfort Communauté d’Agglomération, avec la participation des pôles de compétitivité PMT, Pôle Véhicule du Futur, Nuclear Valley, et de Eden, Aeriades et du MEDEF BFC.

Il s’inscrit dans une dynamique engagée par la région BFC depuis 2025, et dans le cadre de la convention avec le ministère des Armées. Pour le territoire, l’enjeu est clair : transformer l’excellence industrielle locale issue notamment de l’automobile en un atout pour les armées. Le Colonel Olivier Leduc, chef de corps du 1er régiment d’artillerie, souligne l’importance de ce lien : « Ce rendez-vous constitue une opportunité majeure pour renforcer localement les coopérations entre les industriels et le monde capacitaire des armées et ainsi contribue à la souveraineté nationale dans le domaine de l’armement, au dynamisme de l’innovation régionale et à l’emploi dans le secteur stratégique de la défense ».

Quant à la question du choix de Bourogne pour la tenue de ces rencontres, le militaire évoque « une transformation de l’armée de terre qui s’opère déjà ici au premier régiment d’artillerie avec l’arrivée de matériel scorpion, l’hybridation des réseaux de communication, l’émergence de nombreux drones que ce soit les plus petits, les drones du combattant qui équipent toutes nos unités et les plus gros ceux d’appui tactique comme le DT46. Par ailleurs, le régiment participe au côté de l’industrie aux expérimentations qui permettront de faire disposer l’armée de terre de capacités structurantes et différenciantes dans un futur proche, notamment en étant un pionnier dans l’emploi des munitions téléopérées, ces drones chargés d’explosifs, ayant vocation à frapper des cibles à plusieurs centaines de kilomètres ». Le régiment incarne également la volonté de densification des capacités de l’armée de terre sur les feux longues portées. « Nous serons le seul régiment de France à recevoir le successeur du LRU (lance-roquettes unitaire), le Thundart développé par MBDA et Safran qui aura pour mission de traiter des cibles ennemies dans la profondeur (jusqu’à 150 km) comme l’artillerie adverse, les systèmes de défense sol-air, les centres de commandement... ». MBDA et Safran ont en effet remporté, face au groupement Ariane Group/Thales, l’appel d’offres de la DGA visant à doter l’artillerie française d’une capacité à longue portée souveraine et performante.

Accélérer et faciliter l’accès des PME régionales

Crédits : JDP

Cette nécessité pour l’industrie de défense d’accélérer dans la voie de l’innovation et de la capacité à produire en masse apparaît comme une véritable opportunité, inscrite sur le long terme, pour la région BFC. « La défense représente une possibilité de diversification réelle et durable pour les entreprises de notre territoire, notamment dans la filière automobile. Notre rôle est d’ouvrir des portes : mettre nos entreprises en relation directe avec les grands donneurs d’ordre », précise Damien Meslot, président du Grand Belfort. Il rappelle également que le territoire accueille déjà des pépites comme Arabelle Solutions, qui fournira les turbines du futur porte-avions français.

« Forte de plus de 400 sous-traitants d’excellence travaillant pour la défense, de sites majeurs en pleine évolution (la base aérienne 116 de Luxeuil, le CEA Valduc), ainsi que de grande ville de garnison comme Belfort ou Besançon (2e ville de garnison du pays), la Bourgogne Franche-Comté s’affirme comme un acteur clé de l’effort national de défense », appuie Jérôme Durain, président de la région BFC.

Pour lever les barrières à l’entrée de ce marché exigeant (certifications, secret défense), la région Bourgogne Franche-Comté a adopté une feuille de route 2026-2030 dotée de 20 M€. « Quand le contexte mondial impose un effort collectif de souveraineté, c’est ici, dans nos usines et nos ateliers, qu’il se construit », défend Jérôme Durain. « Nos entreprises ont les savoir-faire pour réaliser, à la fois, le plus petit, le plus grand, le plus complexe et l’agilité pour répondre aux besoins de nos forces armées ». Il met également en avant la création d’un guichet unique et un effort de 6 M€ par an pour la formation professionnelle, car « une filière industrielle ne se construit pas qu’avec des investissements en machine, elle se construit aussi avec des compétences ».

Cédric Perrin, sénateur du Territoire de Belfort et président de la commission de la défense du Sénat, initiateur de cette journée, rappelle que le projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM), adopté le 1er juillet par l’assemblée nationale, prévoit 36 Mds€ de ressources supplémentaires réparties sur la période 2026-2030, pour s’élever à un total de 436 Mds€ courants de crédits budgétaires pour la mission « défense » sur la période 2024-2030. « Avec ses journées, notre ambition est de faire de l’économie de défense une opportunité de diversification, d’innovation et d’emplois pour nos entreprises de BFC ».

Il souligne que l’investissement dans l’armée est le premier budget de l’État et profite à 90 % à des entreprises françaises. Violaine Demaret, préfète de la région BFC, insiste également sur la nécessité de préparer le pays à des affrontements hybrides : « L’unité de compte dont on parle est colossale... ces éléments sonnants et trébuchants traduisent la volonté du chef de l’État, chef des armées, de réarmer notre pays face à une menace géopolitique qui n’a jamais été aussi importante ». Elle salue le succès d’un événement qui permet de « dissiper le brouillard » pour les PME et de sécuriser leurs perspectives à long terme dans un secteur où l’exigence est à la mesure des enjeux de souveraineté.