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Santé : un engagement renouvelé pour le Nord de l’Yonne

Yonne. Le Grand Sénonais renforce le Contrat local de santé (CLS), un outil clé pour réduire les inégalités et améliorer l’accès aux soins.

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(Crédits : FREEPIK)

Cette année encore, la Communauté d’agglomération du Grand Sénonais réaffirme son implication en matière de santé publique à travers le renouvellement du CLS, aux côtés de ses partenaires du Nord de l’Yonne, de l’Agence régionale de santé et de la région BFC. Initié en 2018 dans le cadre de la loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » de 2009 et dans un contexte de désertification médicale, ce dispositif a ensuite été élargi à l’échelle du Pôle d’équilibre territorial et rural (PETR) Nord Yonne. Au fil des années, le CLS est renforcé afin de répondre au mieux aux besoins de santé aux 130.000 habitants des intercommunalités du PETR. Son objectif : améliorer l’accès aux soins de proximité, la prévention et la promotion de la santé.

2023 : un état des lieux approfondi

L’année 2023 a marqué une étape décisive avec la réalisation de deux diagnostics, qualitatif et quantitatif. Ces études ont révélé des enjeux majeurs liés au vieillissement de la population, la complexité des parcours de soins et une démographie médicale sous forte tension. Malgré la mise en oeuvre de nombreuses initiatives locales, telles la création de quatre centres de santé de premier recours polyvalents, dont trois à Sens et un à Domats, ainsi que l’ouverture de deux sites de télémédecine à Sens et Joigny, l’offre de soins demeure insuffisante.

Le territoire comptait seulement 70 médecins généralistes soit 5,4 professionnels pour 10.000 habitants, contre 8,4 au niveau national. Le constat est similaire pour les chirurgiens-dentistes, avec 2,7 professionnels pour 10.000 habitants, contre 5,4 à l’échelle nationale, ainsi que pour les orthophonistes, dont la densité reste deux fois inférieure à la moyenne française. À cette pénurie, s’ajoute la difficulté du renouvellement des professionnels de santé partant à la retraite. Une part significative des praticiens est aujourd’hui âgée de 55 ans ou plus : 65,7% des médecins généralistes, contre 47,2% au niveau national, et près de la moitié des chirurgiens-dentistes.

Des priorités renforcées pour l’avenir

Ces diagnostics constituent désormais, pour les élus, un socle indispensable à l’adaptation des politiques de santé locales. Ils permettent à la fois d’identifier précisément les besoins spécifiques des habitants et de définir de nouvelles orientations stratégiques pour les actions à venir. L’accès aux soins s’impose ainsi comme une priorité majeure, en particulier dans les zones rurales, où les difficultés de mobilité et la pénurie de professionnels de santé favorisent le renoncement aux soins, notamment parmi les publics les plus fragiles.

Au-delà de la création de structures dédiées destinées à répondre à ces enjeux, le dispositif a progressivement fait émerger d’autres axes d’intervention. Ceux-ci portent notamment sur le développement de comportements favorables à la santé, le maintien de l’autonomie et la lutte contre l’isolement social. Une attention particulière est également portée à la sensibilisation et à l’accompagnement des jeunes, et plus spécifiquement des lycéens de l’Yonne, vers les métiers de la santé. À ce titre, le territoire entend renforcer son offre de formation, avec notamment la mise en place d’une option « métiers de la santé » au sein des lycées du territoire.