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Santenov sort de terre

Côte-d’Or. C’est une nouvelle étape pour l’écosystème santé dijonnais qui s’est déroulée vendredi 30 janvier, avec le lancement officiel des travaux du futur Sully Santenov, le « bâtiment totem » de la filière. Initié par le cluster régional, ce projet doit structurer les volets scientifique, éducatif et industriel d’un secteur qui pèse 2 Mds€ annuels de chiffre d’affaires.

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Le bâtiment dans son environnement. (Crédits : Patriarche)

Né de la fusion entre le technopôle Santenov et BFCare, le cluster santé Santenov Dijon Bourgogne fédère aujourd’hui 150 entreprises et 6.000 salariés. En croissance de 12,5 % depuis 2019, la filière pâtissait pourtant d’une dispersion géographique à laquelle le cluster entend remédier par la construction de ce pôle unique. Un investissement nécessaire pour Pascal Auzière, président de Santenov Dijon Bourgogne, car « il n’y a pas un lieu pour échanger, coopérer et symboliser la qualité de cet écosystème ».

François Rebsamen, président de Dijon Métropole, voit dans ce carrefour stratégique situé entre le CHU et l’Université un levier majeur : « L’idée c’est de mettre en lien ces écoles, ces établissements privés, leurs entreprises. De leur donner un bâtiment qui leur soit propre dans lequel ils pourront à la fois accueillir les start-up, installer les trois écoles et travailler en liaison avec les professionnels ».

Le concept repose sur la mixité. Dans le socle du bâtiment, l’école d’ingénieurs Cesi prévoit de monter en puissance ses effectifs au delà de ses 400 étudiants actuels, tandis que l’institut des métiers de la technologie (IMT) ciblera une centaine d’apprenants pour répondre aux besoins industriels locaux. Enfin, l’École de Biologie Industrielle (EBI) déploiera 1.300 m² avec un développement de laboratoires adaptés aux expertises spécifiques du site. L’innovation elle, est au sommet avec les étages supérieurs réservés aux entreprises, des start-up post-incubation aux sociétés matures. L’enjeu final reste humain et territorial : « On fera tout, affirme Pascal Auzière, pour que les jeunes restent chez nous ».

« On a en Bourgogne l’ensemble de la chaîne de valeur »

(Crédits : JDP)

Pascal Auzière est président de Santenov Dijon Bourgogne

Le Journal du palais. Quel retour économique attendez-vous à moyen terme de ce bâtiment-totem ?

Pascal Auzière. On va le mesurer par le nombre de projets que cela va générer. On suit aujourd’hui 25 start-up qu’on va pouvoir accueillir ici et voir leurs évolutions. Le retour se mesurera aussi par l’accueil de sièges sociaux d’entreprises, ainsi que par le nombre d’étudiants, avec l’EBI par exemple qui crée une nouvelle structure pour 200 à 400 étudiants. Et puis, par le nombre d’événements que l’on arrivera à organiser, comme des réunions entre entreprises sur les thèmes RH ou réglementaires, des petites réunions pour animer l’écosystème. On a aussi l’espoir de pouvoir organiser un grand colloque sur un événement porteur des savoir-faire de notre région.

Comment se positionne Santenov par rapport aux autres pôles santé en France ?

Des pôles santé en France, on en connaît 7 ou 8. Ce qui est important, c’est la description des entreprises qui composent ce pôle. En Bourgogne, on a une particularité, on a l’ensemble de la chaîne de valeur avec des laboratoires de recherche, des start-up, des industriels, des prestaires de services et des gens qui font la commercialisation. C’est une typicité vraiment de notre territoire, tous les territoires n’ont pas cette richesse de chaîne intégrée.

Avez-vous rencontré des freins pour la construction ou le financement ?

Non, au contraire, on a rencontré beaucoup de motivations. Il y a une dizaine d’années, la Bourgogne n’avait pas conscience qu’elle avait un écosystème aussi riche. On connaissait des entreprises emblématiques comme Urgo ou Proteor, mais on n’avait pas conscience du maillage privé et public. Santenov a mis en évidence la puissance et l’importance de ce réseau. On a compris que cela pouvait devenir un pôle d’attractivité et faire savoir que la Bourgogne est aussi forte dans les industries de la santé.

Vue panoramique du bâtiment avec ses usages. (Crédits : Patriarche.)