Sénatoriales : François Rebsamen dévoile sa liste
Côte-d’Or. Soutenue par le PS, le PR, le PRG, le Modem, Place publique, la Fédération progressiste et la « neutralité bienveillante » des écologistes, la liste conduite par le président de Dijon métropole et ancien ministre ambitionne d’enlever deux sièges le 27 septembre.
On connaissait déjà le nom de la numéro 2, Céline Gilardet-Aloïzos (maire de Labruyère). Mercredi 19 août, à Messigny-et-Vantoux, le reste de la liste menée par François Rebsamen a été dévoilé : en n°3, David Camus, maire de Villers-les-Pots et député suppléant de la députée écologiste de Côte-d’Or, Catherine Hervieu. En 4e et 5e positions, Céline Tonot, maire de Longvic, conseillère départementale du canton de Longvic-Gevrey et troisième vice-présidente de Dijon métropole en charge de la transition écologique, déchets et énergie, et Guy Vadrot, maire de Santenay.
Selon François Rebsamen, sa liste est soutenue par plusieurs partis de Gauche (PS, Place publique, son mouvement la Fédération progressiste, le Parti radical de gauche), mais aussi le Parti radical et le Modem, la présence de David Camus constituant le symbole de la « neutralité bienveillante » des écologistes pour ces élections qui se dérouleront le 27 septembre pour les quelque 1.630 grands électeurs du département. Trois sièges sont à pourvoir, occupés depuis 2020 par François Patriat, dont on a appris la disparition le jour même, Alain Houpert (LR) et Anne-Catherine Loisier (Centre). François Rebsamen n’a pas caché son ambition de voir la liste qu’il conduit sous la bannière « La voix des communes » emporter deux sièges face à ses concurrents de la liste de la Droite et du Centre, menée cette année par Anne-Catherine Loisier avec Alain Houpert en n°2, après « de sacrées tractations », a supputé le président de Dijon métropole.
Pour y parvenir, François Rebsamen et ses colistiers s’appuient sur un éventail de propositions visant à faire tomber l’opposition « factice » entre l’urbain et le rural, et redonner du pouvoir aux élus communaux et aux intercommunalités dans un « fédéralisme à la française » cher à Jean-Louis Borloo.
Redonner de l’air au bloc communal
Parmi les propositions que pourrait porter le sénateur Rebsamen, redonner à la DETR (Dotation d’équipement aux territoires ruraux) sa véritable vocation en s’opposant aux versements à des communes certes répondant aux critères de la loi, mais ne présentant pas les difficultés d’une commune véritablement rurale ; il a, à ce titre, dénoncé les attributions aux communes de Fontaine-lès-Dijon, Chevigny-Saint-Sauveur, Talant et Saint-Apollinaire, toutes dirigées par des élus droite ou divers-droite.
L’« alliance entre les territoires » et la solidarité entre ceux-ci figurent également parmi les propositions de la liste ; François Rebsamen a ainsi évoqué une convention pour formaliser la présence de soignants du CHU dijonnais à l’hôpital de Châtillon-sur-Seine. « Jérémie Brigand est d’accord » a déclaré la tête de liste, confirmant avoir discuté de ce point avec le maire de la ville.
Rappelant son passage au ministère de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, François Rebsamen a souligné qu’il y avait soutenu la loi sur le statut de l’élu local et obtenu une revalorisation de la Dotation de soutien aux communes pour les aménités rurales ; désormais « homme libre » de tous rappels à l’ordre, il plaide pour une véritable « justice fiscale » quant aux prélèvements de l’État sur les collectivités locales, qu’il souhaite voir dégagées d’un trop-plein de normes et de contraintes issues de la « technocratie parisienne ». « Il est normal que les collectivités prennent part, mais elles ne doivent prendre que leur juste part ». Afin de redonner de l’air aux bloc communal asphyxié et de retisser un lien citoyen distendu, il entend donc notamment soutenir une proposition d’« indemnité de résidence », basée sur les ressources des foyers.
Enfin, interrogé sur sa position quant à la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, promulguée le 18 août 2026 par le Président de la République, après sa validation par le Conseil constitutionnel, et publiée au Journal officiel le 19 août 2026, il a confirmé qu’il ne l’aurait pas votée, tout en comprenant l’injustice faite aux agriculteurs français à qui sont imposées des normes sanitaires au-delà du droit européen.