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Tension locative frontalière : la réponse Tiny House

Doubs. Pour répondre à un marché immobilier tendu dans les zones frontalières du Doubs, les bailleurs sociaux ont installé dix tiny houses à Pontarlier et Pierrefontaine-les-Varans en début d’année 2024. Deux ans après, l’expérimentation remplit sa mission.

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Alors que qu’environ un tiers des foyers ne se compose que d’une personne, les logements une à deux pièces restent minoritaires sur certains territoires, notamment sur le bassin de vie de Valdahon dans le Doubs. En ajoutant la concurrence constante des salariés frontaliers disposant d’un niveau de vie plus élevé qui pèse de tout son poids sur le prix des loyers, la situation devient délicate pour les salariés ou jeunes en recherche d’un premier logement du territoire. « On constate qu’un public jeune ou actif qui souhaitent rester, n’y arrivent pas », explique Lucie Louvet, responsable communication d’Habitat 25 tandis que Romuald Gadet, directeur adjoint du patrimoine locatif de Néolia complète : « Le déficit d’offres de logement au regard de la demande pénalise l’écosystème économique qui ne trouve pas ou n’arrive pas à garder sa main d’oeuvre. » Devant ce constat, les deux bailleurs, réunis au sein de la société anonyme de coordination habitat et aménagement du Doubs, Sacha, ont lancé l’installation de cinq tiny houses à Pontarlier, par l’intermédiaire de Néolia, sur une emprise foncière de 600 m2 appartenant à l’entreprise Schrader Pacific, et cinq autres à Pierrefontaine-les-Varans porté par Habitat 25. « C’est un premier tremplin pour accéder à un parcours locatif surtout quand il n’y a pas de résidences étudiantes. Ça répond aux besoins des jeunes », souligne Lucie Louvet. Les bailleurs, soutenus par le département du Doubs et Action Logement, ont investi 850.000 € dans l’aménagement de deux terrains et l’acquisition de dix tiny houses.

Des résultats positifs

À Pontarlier, Néolia a échangé avec les entreprises locales pour apporter une réponse à la problématique du logement en installant cinq tiny house en à peine neuf mois. (Crédit : Néolia.)

À Pontarlier, deux de ces maisons de 18,5 mètres carrés sont louées à l’année par Keolis. « Avant, l’entreprise devait loger ses salariés de passage en chambre d’hôtel des mois durant », précise Romuald Gadet. Le syndicat mixte du Mont d’Or, gestionnaire de la station de Métabief, fait de même pour héberger des saisonniers. Les deux dernières maisonnettes sont louées par Néolia aux alternants ou salariés de Schrader qui met son foncier à disposition. « Tout est loué quasi-constamment depuis deux ans avec un loyer de 380 € par mois, toute charge comprise » confirme Romuald Gadet.

À Pierrefontaine-les-Varans, Habitat 25 gère la location de cinq tiny house pour répondre aux tensions du marché locatif à la frontière avec la Suisse. (Crédit : Habitat 25)

À Pierrefontaine-les-Varans, installées sur un foncier qui appartient à Habitat 25, les tiny houses ont aussi trouvé leurs locataires, des apprentis, des stagiaires ou des intérimaires qui vont et viennent. « Cette solution n’a pas été conçue pour être un logement pérenne mais pour s’autonomiser. Cette offre répond à des besoins que notre offre actuelle n’aurait pas pu satisfaire », rappelle Lucie Louvet.

Pourtant, les deux bailleurs n’envisagent pas de démultiplier les tiny houses. « Nous n’excluons pas d’en installer ailleurs pour répondre aux collectivités ou au milieu hospitalier mais il faut se saisir de l’enjeu de fond pour apporter une offre plus pérenne. Il y a un vrai sujet autour des loyers, du pouvoir d’achat, du maintien de l’activité économique », estime Romuald Gadet.