Collectivités

Un préfet sur le terrain

Yonne. Arrivé récemment, le préfet Jean Salomon a choisi l’agriculture pour son premier véritable temps d’échange avec le monde économique et professionnel du département.

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Photo de Jean Salomon
Jean Salomon, préfet de Yonne sur l’exploitation de Loïc Guyard à Thury. Crédit : Préfecture de l’Yonne.

Pour une première visite, Jean Salomon a choisi de mettre les bottes dans les champs. Le nouveau préfet de l’Yonne s’est rendu sur l’exploitation de Loïc Guyard, à Thury, accompagné notamment d’Arnaud Delestre, président de la Chambre d’agriculture de l’Yonne. Une immersion destinée à prendre le pouls d’un secteur particulièrement éprouvé par les conditions météorologiques de l’été. « Je venais pour avoir une présentation générale de l’agriculture du département », explique Jean Salomon. Et plutôt que de rester dans son bureau à consulter des dossiers, le représentant de l’État dit avoir privilégié le terrain. « J’aurais pu lire le diaporama dans mon bureau, mais je n’aurais pas eu le tour d’échange derrière. » Une méthode qui doit lui permettre de mieux comprendre les réalités locales, mais aussi la manière dont ses services travaillent avec les agriculteurs.

Chez Loïc Guyard, les difficultés sont rapidement apparues. L’exploitation, qui combine céréales, élevage de vaches allaitantes, framboises et noix, illustre à elle seule la complexité du modèle agricole actuel. La diversification, engagée depuis quatre ans pour multiplier les sources de revenus, n’a pourtant pas permis d’échapper aux conséquences de l’été. « Toutes les productions sont affectées », résume l’agriculteur. Les pertes atteignent environ 50 % pour les framboises et 30 % pour les céréales. Au-delà du cas particulier de cette exploitation, c’est l’état d’ensemble de l’agriculture icaunaise qui inquiète. Pour Arnaud Delestre, « c’est du jamais-vu que l’ensemble des filières d’un département soient autant touchées ».

Urgence et avenir

Grandes cultures, élevage, viticulture, maraîchage et petits fruits ont tous subi les effets de la chaleur et du manque d’eau, même si les conséquences diffèrent selon les productions. La Chambre d’agriculture réclame donc des mesures d’urgence, à commencer par un dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties. La profession espère également des reports de charges sociales, des aménagements d’annuités bancaires ou encore des aides directes pour les exploitations les plus fragilisées. Mais Arnaud Delestre prévient : les pertes, qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, voire 100.000 € dans certaines exploitations, ne pourront jamais être totalement compensées par les aides publiques.

Jean Salomon, lui, ne promet pas de « baguette magique » et assume un discours transparent auprès des agriculteurs, tout en insistant sur la nécessité de faire remonter leurs difficultés vers les ministères. Il souhaite notamment maintenir une « réunion périodique agricole », organisée environ toutes les six semaines, afin de réunir Chambre d’agriculture, organisations professionnelles et services de l’État. Objectif : faire le point sur les dispositifs, mais surtout vérifier qu’ils sont réellement accessibles à ceux auxquels ils sont destinés.