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Une saison du Mont d’Or sous de bons auspices

Agriculture. Depuis le 10 septembre dernier, la vente de Mont d’Or a repris. Les producteurs du Haut–Doubs seront à l’œuvre jusqu’au 15 mars prochain tandis que la saison s’annonce meilleure que l’an passé.

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Un produit de Mont d'Or
(Crédit : Syndicat interprofessionnel du Mont d’Or)

Les 400 producteurs laitiers installés dans les 95 communes du Haut-Doubs et répondant aux critères fixés par l’appellation du Mont d’Or ont entamé leur saison. En 2022-2023, les dix fromageries en ont produit 5 500 tonnes soit environ neuf millions de boites de fromage.

« Les chiffres affichaient une baisse par rapport à 2021-2022 à cause d’une sécheresse estivale longue, marquée par le manque d’herbe, pénalisant la production laitière » rappelle Eric Février, président du syndicat interprofessionnel du Mont d’Or.

La saison qui débute s’annonce meilleure. Malgré la chaleur, les éleveurs ont profité d’une eau salvatrice pour la pousse. « On devrait retrouver une production plus proche de la normale avoisinant les 6 000 tonnes, ce qui semble être un plafond, mais le consommateur conditionne aussi le volume. On adaptera la production en fonction des commandes car ce n’est pas un fromage de garde. » Sur une saison, les éleveurs et producteurs transforment ainsi environ 32 millions de litre de lait dans le respect de l’AOP Mont d’Or.

Protéger un modèle agricole

La profession travaille à l’élaboration d’un nouveau cahier des charges concernant la production de Mont d’Or. « L’INAO a déjà validé en juin dernier le principe d’intégrer une quarantaine de communes supplémentaires. Le Mont d’Or ou Vacherin du Haut Doubs ne concernait qu’une partie des communes alors que d’autres répondant aux critères AOP n’étaient pas dans l’appellation. On régularise juste une situation. »

Le nouveau cahier des charges répondra aussi aux nouvelles attentes sociétales et sociales et à un nouveau modèle d’agriculture. « Nous aurons des critères structurels pour encadrer la taille des exploitations pour qu’elles restent à taille humaine et pour encadrer le litrage maximum de lait ainsi que le nombre de vaches détenues par chaque exploitant. »

Un exploitant seul ne pourra avoir que 50 têtes, 40 de plus pour deux exploitants et encore 40 avec l’arrivée d’un premier salarié. La production devrait être limitée à 1,2 million de litres par an et par exploitation. « On souhaite que les capitaux restent la propriété des exploitants et ne deviennent pas la propriété d’un grand groupe de la distribution par exemple. » En attendant que ce cahier des charges s’applique, peut-être dès la saison 2024-2025, les exploitations réaliseront du Mont d’Or jusqu’au 15 mars prochain mais le fromage sera lui commercialisé jusqu’en avril.