Collectivités

Voeux du préfet : entre fermeté et soutien

Côte-d’Or. Ce 20 janvier à Dijon, Paul Mourier, préfet de la Côte-d’Or et de la région BFC, a profité de ses voeux pour fixer le cap de l’État en 2026. Une feuille de route est axée sur la sécurité, l’industrie et la transition écologique pour préserver la souveraineté du territoire dans un contexte dégradé.

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Photo de François Sauvadet, François Rebsamen, Nathalie Koenders, Jérôme Durain et Catherine Hervieu
De gauche à droite : François Sauvadet (président du conseil départemental 21), François Rebsamen (président de Dijon métropole), Nathalie Koenders (maire de Dijon), Jérôme Durain (président du conseil régional) et Catherine Hervieu (députée de la Côte-d’Or). (Crédit : JDP.)

L’année 2026 sera avant tout politique avec les élections municipales de mars. Pour Paul Mourier, l’enjeu dépasse le simple scrutin : il s’agit de protéger le socle de la stabilité institutionnelle. « Réussir les élections municipales à venir est une exigence démocratique. J’y veillerai personnellement. Notre démocratie repose pour partie sur le couple préfet-maire », a-t-il affirmé. Un effort de pédagogie particulier sera déployé concernant le nouveau mode de scrutin dans les communes de moins de 1.000 habitants, qui représentent 90 % des communes de la région.

Narcotrafic : la guerre de positions

La sécurité est érigée en condition sine qua non de l’attractivité économique. Le préfet a promis une fermeté totale contre le narcotrafic qui frappe Dijon et Beaune, une ligne partagée par Jérôme Durain, président du conseil régional, dont les travaux sénatoriaux ont inspiré la loi anti-trafic du 13 juin 2025. Avec 19 M€ de stupéfiants saisis en Côte-d’Or en 2025, Paul Mourier n’entend pas baisser la garde : « Aucun territoire n’est aujourd’hui épargné par le narcotrafic. C’est pourquoi la lutte contre la délinquance continuera d’être une priorité. C’est une lutte qui ne connaît pas de repos. »

Défi démographique et mutation industrielle

Photo de Paul Mourier
Le préfet Paul Mourier. (Crédits : JDP)

Le diagnostic est lucide, presque froid : la région perd en moyenne 2 800 habitants par an. Ce déclin, accentué par un vieillissement marqué, pèse lourdement sur les bassins d’emploi. « Le risque démographique est important [...] Faut-il pour autant se désespérer face à ce constat ? Je ne le pense pas », tempère le préfet, misant sur l’attractivité économique pour inverser la courbe. L’industrie (le secteur est le premier employeur de la région), le poumon du territoire, portée par le nucléaire, l’hydrogène et la santé. Mais Paul Mourier ne masque pas les fragilités structurelles : « Notre industrie innove, investit et se transforme pour rester compétitive. [...] Mais ces signaux nous rappellent l’urgence d’agir », a-t-il déclaré, pointant les 10.000 emplois perdus en une décennie rien que sur la filière automobile. Cette résilience économique passe aussi par l’environnement : 2026 verra la mise en oeuvre d’un plan inédit pour la filière bois et une offensive sur la gestion de l’eau, primordiale notamment pour les agriculteurs. « J’ai la conviction que nous trouverons ensemble les actions permettant de préserver au mieux cette ressource précieuse et qui devient rare. »

Agriculture : le tournant de la transmission

Le secteur agricole, marqué par les récentes manifestations du 15 janvier où Paul Mourier avait échangé avec Stéphane Sauce (président de la FRSEA), fait face à un séisme silencieux : un tiers des exploitants prendra sa retraite d’ici dix ans. Entre crises sanitaires (DNC) et enjeux de souveraineté alimentaire, l’État promet un soutien massif. Le préfet appelle à faire « confiance à la science pour enrayer les maladies » et assure que les dispositifs de renouvellement des générations « devront être déployés avec célérité ». En conclusion, face à une morosité jugée improductive, le représentant de l’État a appelé à l’unité : « Le collectif est capable de surmonter les difficultés, d’innover et de construire des solutions durables pour nos concitoyens. »