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25 M€ investis pour transformer la fromagerie Gaugry

Côte-d’Or. Depuis mars 2025, le site de Brochon, propriété de la famille Lincet, évolue pour accueillir un nouveau site de production largement dédié au Brillat-Savarin IGP à partir juin 2027.

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Le chantier de la future fromagerie du groupe Lincet à Brochon devrait s’achever en juin 2027. (Crédit : Blézat / Lincet.)

Alors que le groupe fromager Lincet réalise un chiffre d’affaires annuel de 50 M€, le fromager a engagé un investissement de 25 M€ dans son usine de Brochon. « C’est l’investissement d’une vie », sourit Grégoire Lincet, sixième génération à la tête du groupe avec sa soeur Mathilde. Cédée en 2012 par la famille Gaugry à la famille Lincet, la fromagerie produisait jusqu’alors 200 tonnes d’Époisses AOP et de Soumaintrain IGP par an. « Nous n’avions pas ce savoir-faire. Il y avait une complémentarité entre les deux entreprises et nous voulions apporter cette diversité à notre catalogue des fromages lactiques à longue fermentation. »

En parallèle, la fromagerie Lincet, située dans l’Yonne, spécialisée dans la production de Brillat-Savarin IGP et de Délices de Bourgogne, arrivait à saturation, encourageant à investir pour augmenter les capacités de fromages triple crème. « Le site Gaugry présentait plusieurs atouts : sa situation dans le périmètre IGP du Brillat-Savarin, sa belle localisation entre Dijon et la campagne ou encore la dynamique économique locale entre Dijon et Beaune. »

Accroître les quantités et booster les équipes

Grégoire Lincet, 6e génération à la tête du groupe familial éponyme, écrit une nouvelle page de l’entreprise avec un investissement de 25 M€ à Brochon. (Crédit : JDP.)

Pour financer ce projet, la fromagerie Lincet s’est non seulement tournée vers ses partenaires bancaires mais aussi vers le fonds d’investissement Sofiprotéol, actionnaire minoritaire, et BPI. « Le premier s’est engagé sur une vision longue, au moins sept ans, tandis que BPI est notre plus gros financeur avec 5 M€ d’emprunt auxquels s’ajoutent une vision industrielle, un véritable suivi et une forte présence terrain. » Les travaux, initiés en mars 2025, devraient s’achever en juin 2027.

Le nouveau bâtiment permettra de produire 1.200 tonnes de fromages supplémentaires, principalement du Brillat-Savarin IGP tandis que l’usine originelle garde une capacité de 300 tonnes par an. Elle poursuit d’ailleurs son activité pendant les travaux, tout comme la boutique.

Les futures capacités nécessiteront l’embauche d’une quinzaine de personnes pour renforcer l’équipe de 30 salariés du site et les 200 personnes du groupe. En parallèle, l’usine intégrera une ligne robotisée afin d’éliminer les manutentions physiques pénibles de la chaîne de production. « Notre savoir-faire repose sur la maîtrise de la fermentation, la robotisation n’interfère pas. Nous créons de l’emploi tout en faisant monter nos équipes en compétences. »

Écologie et mémoire industrielle

Le bâtiment s’inscrit logiquement dans la RE 2020 avec une récupération de la chaleur fatale, une réduction des consommations d’énergie grâce à des panneaux photovoltaïques, mais aussi des économies d’eau et la création de lagunes. « Nous voulons récupérer ces eaux blanches, conformes à un rejet en rivière, mais nous trouvons plus pertinents qu’elles servent à l’irrigation et l’épandage. Grâce au phosphore et à l’azote qu’elles contiennent, elles réduiront les intrants chimiques. » Ce sont ainsi 150 hectares de champs voisins qui profiteront de cette eau stockée pour être utilisée tout au long de l’année.

À terme, la fromagerie doublera sa surface et s’étendra sur 9.000 m2. Enfin, la future usine s’enrichira d’une galerie de visite de 200 m2 pensée avec un scénographe. « Nous reviendrons sur l’histoire des deux familles mais nous sensibiliserons aussi à nos filières et aux producteurs de lait de façon immersive et pédagogique. » Une salle de dégustation, un nouveau magasin et un espace accueil pour les séminaires viendront compléter le projet.

En travaux, la fromagerie historique Gaugry à Brochon se modernisera tout en conservant son savoir-faire traditionnel de fermentation. (Crédit : JDP.)