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8 M€ à lever sur les marchés pour accélérer son développement

Doubs. Le spécialiste de l’usinage et de la mécanique de précision pour les industries de pointe (aéronautique, défense, spatial et énergie) Odyssée Technologies entre en bourse.

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Photo du directeur du site de Tarbes et Christian Mary
De gauche à droite : le directeur du site de Tarbes et Christian Mary, président du groupe Odyssée Technologies. (Crédit : JDP)

L’aventure du groupe Odyssée Technologies commence en 2012, quand Christian Mary, ingénieur de formation, décide de racheter l’entreprise Gresset et associés (7,2 M€ de CA en 2023, 53 salariés) basée sur la commune des Premiers Sapins dans le Doubs. Alors directeur de la multinationale pharmaceutique suisse Novartis, celui-ci choisit à 50 ans de quitter ses hautes fonctions pour se lancer dans l’entrepreneuriat industriel.

« Quand j’ai effectué ce premier rachat, l’entreprise avait un défaut : 99,7 % de son CA dépendait d’un seul client Safran. J’ai donc cherché à capter de nouveaux marchés pour sécuriser notre croissance mais la tâche s’est avérée beaucoup plus lente que prévue, j’ai donc opté pour une stratégie de croissance externe en me portant acquéreur d’une seconde société en 2015 », raconte Christian Mary. L’élue est basée à Tarbes et s’appelle Société nouvelle Lafourcade (SNL). Elle affiche un CA de 5,3 M€ en 2023 et compte 46 collaborateurs. « Cette acquisition a généré un effet groupe qui nous a permis de dynamiser notre diversification ».

Cotation en bourse et multiples projets

En 2020, le rachat de Précision mécanique de Brive (PMB) (7,3 M€ de CA en 2023, 69 salariés) complète un groupe qui prend le nom d’Odyssée Technologies en 2022. Cette holding présente un CA de 20 M€, 1 M€ de bénéfice net et 4,8 M€ de fonds propres consolidés. Elle compte 185 personnes spécialisées sur des savoir-faire clairement définis : tournage, fraisage 3, 4 et 5 axes, rectification et électroérosion. « Nous avons un positionnement sur des marchés en croissance : aéronautique qui représente 61 % de notre activité (60 % dans le civil et 40 % dans la défense), énergie (9 %), défense (8 %), spatial (3 %), et machines spéciales pour l’industrie pharmaceutique notamment (11 %). Nous avons une expérience reconnue dans la réalisation de pièces de haut niveau technique : corps hydrauliques pour l’aviation, guides d’onde pour les satellites, pièce du train d’atterrissage du rafale (700 côtes à respecter)... Nous entretenons avec nos clients assembleurs ou fournisseurs de rang 1 des relations de long terme. Ainsi, l’acquisition de nouveaux clients prend entre 3 à 4 ans », confie Christian Mary.

Aujourd’hui pour poursuivre son développement, le groupe dont le parc machine est évalué à 25 M€ et qui représente une contrainte très forte en termes de capitaux se prépare à une entrée en bourse en septembre. « Nous prévoyons une levée de fonds de 8 M€ avec une valorisation entre 25 et 30 M€, ce qui représenterait une dilution de propriété entre 20 et 24 %. L’idée est d’aller chercher un maximum de fonds notamment pour poursuivre la robotisation de nos usines (source à la fois de gains de productivité et d’attractivité pour capter de nouveaux clients) avec deux projets à plusieurs millions d’euros aux Premiers Sapins et à Tarbes, pour de futurs travaux d’extension de notre site dans le Doubs (700 k€ d’investissement), pour changer notre progiciel de gestion des processus de l’entreprise, y compris RH, en y intégrant davantage d’IA et pour poursuivre notre stratégie de croissance externe afin de consolider nos métiers et élargir notre clientèle », développe le président.

Cette entrée en bourse est accompagnée par le banquier d’affaire parisien Louis Thannberger, président d’IPO n°1, qui s’est notamment déjà occupé de la cotation boursière du groupe Guillin à Ornans et de Delfingen à Anteuil. « Avec cette opération, Odyssée Technologies devrait voir son CA progresser de 10 à 15 % par an et son bénéfice net de 20 à 25 % au cours des cinq années à venir et cela hors croissance externe ». « L’objectif du groupe est d’augmenter nos ventes de 50 % à l’horizon 2028. Nous souhaitons maintenir notre trésorerie d’exploitation à 4 M€ sur cinq ans pour être prêt à une nouvelle acquisition d’entreprise dont la cible est déjà définie », ajoute Christian Mary.