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93e année

À Avallon, SKF tire sa révérence

Industrie. Après plus de 60 ans d’activité dans le département, l’industriel suédois a cessé définitivement son activité la semaine dernière, laissant plus d’une centaine de salariés sans emploi.

À Avallon, SKF tire sa révérence
(Crédit : SKF)

Le spécialiste des roulements de grande taille a baissé pavillon vendredi dernier. Si la sentence était fébrilement attendue depuis quelque temps, la fermeture du site a, néanmoins, laissé un goût amer aux derniers salariés de l’entreprise. En novembre 2020, l’annonce de l’industriel suédois de mettre un terme à l’activité du site avait fait l’effet d’une bombe dans le sud de l’Yonne. Malgré un carnet de commandes bien rempli, la direction du groupe avait, en effet, décidé de sacrifier l’usine d’Avallon sur l’autel de la compétitivité.

Un an plus tôt, SKF Slewing Bearings - entreprise jadis française appelée RKS (Roulements Kugler & Sinez) et rachetée en 1965 par SKF (Svenska KullagerFabriken) - célébrait pourtant son soixantième anniversaire à grand renfort de communication et ouvrait même ses portes au public. Reconnue à l’international pour son savoir-faire dans la conception et la fabrication de couronnes d’orientation, souvent hors normes, l’entreprise avallonnaise réalisait alors plus de 90 % de son chiffre d’affaires à l’export, notamment vers la Chine. Les pièces produites équipaient aussi bien les éoliennes que les tunneliers ou les navettes spatiales. En avril 2020, SKF avait même réalisé et expédié jusqu’à Shanghai un roulement-record pesant 59 tonnes et mesurant huit mètres de diamètre.

Des salariés dans l’expectative

Une partie de l’activité d’Avallon a d’ores et déjà été transférée dans une autre unité de fabrication du groupe, à Saint-Cyr-sur-Loire en Indre-et-Loire. À l’annonce de la cessation d’activité, près de 140 salariés travaillaient pour SKF, issus majoritairement de l’Yonne, mais aussi de la Côte-d’Or et de la Nièvre limitrophes, ainsi que de nombreux sous-traitants. À la fin des années 1980, l’industriel employait près de 300 personnes dans une ville qui comptait 8.500 habitants à peine.

Stéphane Bourdier