Agriculture : le défi de la « rentabilité durable »
Côte-d’Or. Le président de la chambre d’agriculture Jacques de Loisy a présenté ses voeux à la profession.
Le président de la chambre d’agriculture de la Côte-d’Or, Jacques de Loisy, a présenté ses voeux devant les représentants de la profession, ainsi que du président du conseil départemental François Sauvadet et les députés René Lioret et Catherine Hervieu, ainsi que du sénateur Alain Houpert (photo ci-contre). Dans un discours offensif, il a réaffirmé son crédo : « Des agricultures rentables pour des installations durables ».
L’eau, priorité absolue de 2026
Après une année 2025 consacrée aux échanges, Jacques de Loisy appelle à l’action immédiate pour sécuriser l’outil de production. « 2026 doit être une année de transformation et de réalisation, car, pendant ce temps-là, l’eau s’écoule », a-t-il martelé. L’objectif est clair : stocker l’eau en excès pour garantir la souveraineté alimentaire du territoire ; le sujet des bassines de rétention d’eau est un sujet récurrent depuis quelques années où les étés voient se succéder des épisodes de sécheresse. Face aux blocages, notamment pour des raisons écologiques, il invoque le bon sens : « Les batraciens ne nous demanderont pas de combien est la pente d’accès à la mare, mais où est la mare ». Jacques de Loisy a à ce sujet, remercie François Sauvadet pour la signature du Manifeste pour une eau au service de la souveraineté agricole et alimentaire, qui après avoir été soumis à l’ensemble des Organisations Professionnelles Agricoles « constitue aujourd’hui une synthèse partagée des contributions et reflète la volonté d’unité de toute une profession ».
Sécuriser le capital face aux crises sanitaires
Le président a salué la discipline des éleveurs face à la dermatose nodulaire contagieuse, entrée « de façon fracassante aux confins du département » fin 2025. Pour protéger l’avenir, il préconise une stratégie vaccinale audacieuse afin de « préserver les cheptels souches et la génétique de notre département » sans paralyser les flux commerciaux. Un enjeu vital alors que la tuberculose continue de frapper, avec « plusieurs centaines de bovins abattus » en Côte-d’Or l’an dernier.
Souveraineté et cohérence économique
Jacques de Loisy n’a pas ménagé ses critiques envers les politiques nationales qui « décapitent nos campagnes », pointant qu’une décision nationale a des répercussions très locales dans le département. Il a notamment dénoncé l’éviction des céréaliers français du marché algérien, « sans la moindre compensation » et l’incohérence des normes européennes : « On s’apprête à taxer le principal moyen de production [...] alors que, la semaine dernière, les JA du 71 interceptaient un camion d’asperges péruviennes ».
Un aménagement du territoire raisonné
Tout en soutenant la diversification énergétique, le président appelle à ne pas avancer « à marche forcée sans prendre soin d’un certain nombre d’équilibres, comme les paysages », rappelant que dans ce domaine, « une marche arrière est bien souvent impossible ». En conclusion, Jacques de Loisy a promis que la Chambre ne serait pas une « simple chambre d’enregistrement », mais un moteur de croissance au service d’une Côte-d’Or 100 % souveraine et exportatrice.