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92e année

«  Après une année exemplaire, les entreprises se portent bien  »

Travaux publics. Malgré une année 2020 touchée par la crise sanitaire et des échéances électorales impactées et retardées, les entreprises des travaux publics se portent bien, l’activité est là et la profession poursuit ses engagements en faveur du développement durable. Seule ombre au tableau, les recrutements... Tour d’horizon avec Vincent Martin, président de la FRTP BFC.

Vincent Martin, président de la Fédération régionale des travaux publics en Bourgogne Franche-Comté. JDP

« L’année 2020 a été une année exemplaire pour les travaux publics, tant sur le plan de l’activité que nous avons pu exercer correctement, ce qui nous a conforté dans l’idée que les travaux publics étaient essentiels au pays, que de la part de nos collaborateurs qui eux aussi ont été exemplaires en jouant le jeu, dans cette période de crise et malgré des contraintes sanitaires imposées par les protocoles signés par la profession et les salariés », souligne Vincent Martin. Le président de la Fédération régionale des travaux publics de Bourgogne Franche-Comté (FRTP BFC) l’affirme, « les entreprises des travaux publics se portent globalement bien, et ce grâce à l’ensemble des collaborateurs de chacune de nos entreprises ». Pourtant, l’année 2020 a été marquée par une crise sanitaire sans précédent. « Un contexte très difficile », résume Vincent Martin qui tient malgré tout à rappeler que les entreprises des travaux publics n’ont été à l’arrêt que six semaines.

Échéances électorales décalées mais pas d’année blanche

Alors qu’il s’est passé plus de trois mois entre le premier et le second tour des élections municipales, contraignant les conseils fraîchement élus à s’installer durant l’été, « les communes ont peiné à se mettre en route, ce qui fait que nous avons ressenti seulement en début d’année 2021 les retombées liées aux élections municipales, avec les premiers appels d’offres validés par les conseils communautaires fin 2020 ». Le président de la FRTP BFC apportera tout de même une nuance sur les départementales, dont le report des élections « a peu eu d’impact sur nos carnets de commandes puisque les départements avaient déjà voté en début d’année l’ensemble de leurs budgets pour l’année 2021 et globalement sur la région Bourgogne Franche-Comté, la stabilité politique au niveau des départements fait que les budgets votés en début d’année n’ont pas été mis en cause pour l’année 2021 et le mandat à venir. Nous avons pour ainsi dire échappé au phénomène de l’année blanche électorale, ainsi qu’aux gros changements politiques que ce soit au niveau régional mais aussi départemental ».

«  Il faut des femmes et des hommes pour faire avancer l’économie qui fera ensuite avancer ces femmes et ces hommes  ».

Attentif au devenir du contrat de plan État/région 2015-2020 dont l’échéance a été repoussée en 2022 et dont le taux de réalisation est proche de 60 %, la FRTP BFC insiste particulièrement sur le plan de relance  : « Nous n’avons pour l’instant pas encore vu grand-chose sur les budgets alloués au financement des infrastructures », et de rappeler qu’au niveau national « l’enveloppe dédiée aux travaux publics est de 3,8 milliards d’euros, sur les 100 milliards que représente le plan de relance ». Un constat réalisé sur l’ensemble du territoire français et notamment dû à un manque d’identification des opérations. « Il est aujourd’hui important de sortir des projets parce que toute décision prise aujourd’hui n’entraînera un début de chantier que dans six mois à un an », observe Vincent Martin qui reconnaît toutefois que le lancement des fonds de dotation de soutien à l’investissement local (DSIL) et d’équipement des territoires ruraux (DETR) « a été un levier important pour rappeler au bloc communal rural et métropolitain que l’État est là pour aider à financer et à sortir des projets. On a vécu de cela en 2020 et on en vit encore en 2021 ».

Des entreprises en bonne santé

« Il ne faut pas se leurrer, le “quoi qu’il en coute” aboutira à des économies. Veillons à ce que les infrastructures restent la priorité parce qu’elles sont primordiales pour participer au développement économique du territoire. » Si les carnets de commandes sont actuellement plein à six mois pour des travaux de proximité, « les entreprises sont globalement en bonne santé, nous ne craignons aucune défaillance », souligne Vincent Martin qui émet un bémol sur les prêts garantis par l’État que très peu d’entreprises des travaux publics ont souscrits. Le président de la FRTP BFC attire tout de même l’attention sur les pénuries de matières premières  : « Même si nous sommes peu concernés, nous pourrions constater des problématiques sur le génie civil avec l’acier qui a pris + 50 % depuis le début de l’année et + 20 % depuis le début de l’été. Il nous faut aussi rester vigilants sur tout ce qui a trait au PVC et PEHD ».

Trois cents postes à pourvoir

Alors que les entreprises des travaux publics ont leur propre école en Bourgogne Franche-Comté, formant chaque année 400 apprentis, ces dernières manquent toutefois de qualification et peinent à recruter  : « Nous estimons à 300, le nombre de postes à pourvoir quotidiennement dans nos entreprises sur la région ».

Travaux publics et développement durable

Enfin, la FRTP BFC et ses partenaires ont dernièrement transformer le Cluster eco-chantier pour créer l’association ecorse TP, à Besançon. « L’objectif est de pouvoir montrer notre savoir-faire en matière de développement durable, confie Vincent Martin. Dans les travaux publics, nous étions précurseurs en matière de recyclage, mais nous ne l’avions jamais trop fait savoir. Cette association permettra aussi de répondre à des appels à projets et de mutualiser les compétences des entreprises pour les faire travailler ensemble ».

Antonin Tabard