Informations régionales économiques et juridiques
92e année

ARDPI salut l’effet levier du plan de relance

Industrie. La société dijonnaise ARDPI, spécialiste de la création de solutions industrielles clés en main, a été lauréate, au printemps, du plan de relance gouvernemental. Obtenu pour accompagner son projet d’industrialisation de produits issus d’un rachat d’une activité, dans le domaine des ferments, ce “coup de pouce“ a par effet d’entraînement permis à l’entreprise de conduire un vaste chantier de diversification, de conquérir de nouveaux clients et de s’ouvrir à l’international.

Les locaux dijonnais d’ARDPI ARDPI

ARDPI dit merci au plan de relance ! Après 12 ans d’existence, la société dijonnaise est à un moment charnière de son développement. Elle ouvre une nouvelle page de son histoire, vivant, dans le même temps, une forte progression, un grand chantier de diversification, une captation de nouveaux clients, de nouveaux recrutements, ainsi qu’une ouverture à l’international. Une nouvelle dynamique résultant d’un bon alignement des planètes et du soutien du plan de relance gouvernemental. ARDPI, développe en toute autonomie, pour l’industrie, des solutions complètes clés en main, de l’idée au prototype. Elle se compose de trois bureaux d’études : électronique, logistique et mécanique et de trois départements : machines spéciales, électronique (solutions de monitoring et systèmes embarqués) et R&D. « Nos compétences permettent d’accompagner les entreprises de façon durable dans la transition à l’industrie 4.0. Spécialiste de l’intégration capteurs, des robots et du développement de soft sur mesure, ARDPI dispose de toutes les compétences sur un seul et même site. Nous pouvons ainsi fournir à nos clients une machine à façon, suivant leur propre cahier des charges. C’est ce qui fait notre force, appuie Frédéric Badon, directeur et manageur général de l’entreprise. Nos clients plébiscitent notre réactivité, notre agilité, notre souplesse et notre capacité d’innovation  ».

Industrialisation et diversification

Le système « Duo » de bain thermorégulé pour ferments et son outil de pilotage « Naska », interface d’acquision de paramètres physico-chimiques.

Après avoir déployé de manière massive des solutions de monitoring en 2018 dans le domaine de l’énergie, à la mi 2020, ARDPI rachète en plein Covid une société spécialisée dans le domaine des ferments à destination de l’agroalimentaire, de la santé et de l’environnement. Cette entreprise avait développé une interface d’acquisition multivoies de paramètres physico-chimiques tels que le pH, la vitesse d’acidification du milieu d’incubation des ferments et la température, capable de piloter des bains thermorégulés destinés aux expérimentations en industrie. Elle cherchait quelqu’un qui avait un bureau d’étude électronique et mécanique capable d’industrialiser ses produits, notamment pour le compte de son client Danois, numéro un de la fermentation. Un objectif qui cadrait parfaitement avec ceux définis par le plan de relance. « Un vrai bon concours de circonstances, avoue Frédéric Badon. Nous avons donc postulé en octobre 2020 et avons été lauréat au printemps suivant. Cette aide d’un montant de 500.000 euros sur deux ans nous a permis de fabriquer en série ces produits très ergonomiques qui permettent notamment aux clients de faire des essais, des expériences, de contrôler ses recettes de ferments, tout en gardant secret son process de fabrication. Ces outils custom adaptés à chaque client, se démarquent ainsi de ce que l’on trouve habituellement sur le marché, à savoir des produits “finis”, dont les fabricants sont propriétaire de la recette. Les ferments offrent d’importants débouchés sur les marchés, de l’agroalimentaire, des probiotiques de santé, des méthaniseurs agricoles, développe Frédéric Badon, co-dirigeant d’ARDPI avec le fondateur Laurent Occhini. Grâce à ce coût de pouce de l’État, nous avons pu poursuivre nos projets d’industrialisation sur d’autres produits dans des secteurs tels que l’énergie, la sécurité, le transport, l’aéronautique et bien sûr la santé  ». Le plan de relance a ainsi donné un nouvel élan à l’entreprise dijonnaise, une «  volonté d’y aller ». ARDPI s’est ainsi restructurée au travers de la création d’un groupe de société composé d’une “tête” : ARDPI Management (la société d’ingénierie historique) et plusieurs sociétés périphériques pour fabriquer et vendre leurs services et produits industrialisés. « Nous avons déjà mis en place des sociétés dans les biotechnologies (outil de caractérisation de ferments, dont nous avons déjà livré une machine aux États-Unis) et dans l’énergie. Suivront des sociétés dans la santé, la sécurité et le transport aérien   ». Cet effet d’entrainement généré par le plan de relance s’est également traduit par un grand nombre d’embauches au sein d’ARDPI. « Depuis mai, nous avons recrutés quatre CDI et une alternante. D’autres recrutements devraient suivre rapidement pour soutenir l’industrialisation de nos produits, d’autant que nous avons une belle visibilité sur l’avenir offerte par notre client numéro 1 des ferments avec une promesse de perspectives de contrats sur au moins trois ans, développe Frédéric Badon. Ce plan de relance est également venu à point nommé pour nos équipes, dont certains sont là depuis le début de l’aventure et qui ont trouvé une source de motivation accrue, dans cette nouvelle dynamique qui apporte à notre entreprise une vision à long terme axée sur les besoins fondamentaux des humains que sont l’énergie, la sécurité, le transport, la santé et la nutrition  ». Ce positionnement affirmé au service de l’homme et de la planète permet à ARDPI de réaliser « des recrutements de valeur », mais également de « nous investir davantage dans le développement économique de notre territoire. Nous avons parmi nos clients un bon nombre de start-up qui cherchent à industrialiser leurs produits. Aujourd’hui, nous pouvons les aider alors qu’hier nous nous serions arrêtés aux études et aux prototypages. Grace au plan de relance, nous envisageons même d’aller encore plus loin en imaginant un modèle de parrainage financier, de co-construction pour lancer ces produits sur le marché. L’idée et à la fois de tendre la main à ses petites structures d’avenir, de les aider comme nous avons nous-même été aidés, et de grandir ensemble pour in fine ouvrir des portes que nous ne pourrions pas ouvrir seuls  ». ADPI affiche, depuis 2018, un chiffre d’affaires moyen compris entre 2,5 et trois millions d’euros  : « nous avons une marge de progression importante et d’ici à deux ans nous devrions dépasser les cinq millions d’euros  », affirme Frédéric Badon.

Frédéric Chevalier