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92e année

Aum Biosync : au-delà des seuls secours

Santé. Alliant les capacités de l’intelligence artificielle aux connaissances de terrain des équipes et à leurs compétences scientifiques, la start-up mâconnaise Aum Biosync veut faciliter le quotidien et le travail des services de secours. Initialement adapté aux pompiers, l’outil pourrait prouver sa capacité à s’adapter à d’autres services d’urgence ou d’astreinte grâce à une levée de fonds de trois millions d’euros.

Les solutions d’Aum Biosync entendent faciliter la gestion des services de secours et des personnels aux horaires atypiques.

Parmi les 25 salariés de la jeune entreprise innovante Aum Biosync, plusieurs cumulent avec une vie dédiée au service de la société. Pompier depuis 15 ans et enseignant-chercheur au campus des Arts et Métiers à Cluny, Marc Riedel, l’un des fondateurs, a voulu apporter une réponse à ceux qui doivent associer leur vie professionnelle, personnelle et cette mission volontaire. « 69 % des activités opérationnelles des pompiers sont faites par des gens dont ce n’est pas le métier initial. Quatre sur dix abandonnent avant cinq ans à cause, entre autres, de la difficile gestion des emplois du temps. »

« 25 % de la population travaillent avec des horaires atypiques et doivent concilier avec leur vie personnelle »

Avec sa solution Opteam, l’entre- prise, fondée en 2016, a créée un jumeau numérique du service d’urgence. « L’outil est là pour prolonger le bras de l’utilisateur, pas pour remplacer son cerveau. » En fonction de différents paramètres allant de l’âge des membres à la température, Opteam va évaluer la fatigue potentielle du personnel mobilisé afin de trouver des alternatives pour répartir la charge opérationnelle. « Le service peut voir en temps réel l’impact d’une décision sur les équipes et optimiser l’action de secours. »

Au-delà des secours

Ops Ready s’adresse directement aux volontaires à travers une application smartphone visant à faciliter la gestion de ses différents agendas sans négliger le temps libre, indispensable à la récupération. Enfin, Timekeeper, en cours d’expérimentation, a pour objectif d’accompagner les recrutements. « Le modèle va estimer le besoin d’un service et évaluer l’impact d’un candidat sur l’organisation, en fonction de ses disponibilités. » Soucieux que l’outil ne soit pas discriminant, Marc Riedel et ses équipes peaufinent le modèle. Utilisées par une dizaine de services tels que des SDIS, services départementaux d’incendie et de secours, les solutions d’Aum Biosync peuvent s’adresser à d’autres secteurs.

« 25 % de la population travaillent avec des horaires atypiques et doivent concilier avec leur vie personnelle. » Les transports, la santé, les personnels d’astreinte évoluant par exemple dans le secteur du gaz ou de l’électricité peuvent intégrer ces solutions. « Nous avons levé trois millions d’euros auprès de partenaires territoriaux pour faire la preuve de marché que nos algorithmes sont applicables à d’autres métiers. » BFC Angels, Steva Investissement et Apicil ont ainsi apporté leur soutien à ce projet.

Nadège Hubert