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Bailly-Lapierre et Verralia dans la course aux grammes

Yonne. Dans la course à la légèreté des bouteilles en verre, Verralia vient de passer un cap après deux ans de tests aux caves Bailly-Lapierre à Saint-Bris-Le-Vineux, en mettant sur le marché une bouteille de 720g.

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(Crédits : Freepik)

Le secteur industriel de la fabrication de bouteilles en verre serait-il en train de vivre sa propre révolution du poids, à l’image du cyclisme de compétition ou de la Formule 1 ? L’industrie verrière entre, en effet, dans une ère où la performance passe par la précision, l’innovation et la chasse au gramme superflu. Jusqu’ici c’est l’entreprise française Saverglassqui détenait le record avec la bouteille pour vins effervescents Light 26 qui ne pesait que 775 g (contre 850 à 900 g d’ordinaire), aujourd’hui détrônée par Verraliaqui vient de présenter sa bouteille Ecova de 720 g (contre 775-800 g pour la gamme), fabriquée à Oiry (Marne) mais testée pendant deux ans aux caves Bailly-Lapierre de Saint-Bris-le-Vineux : « Quand ce plan avait été présenté, j’avais alerté tout de suite l’organisme de défense et de gestion (ODG) du crémant. Aujourd’hui, le poste principal d’émissions de gaz à effet de serre, c’est la bouteille. Mais nous, à ce moment-là, on n’avait pas d’alternative sur le marché », explique Sylvain Martinand, directeur général de la coopérative dans les colonnes de nos confrères de l’Yonne Républicaine.

Réduire le poids pour limiter le carbone

Outre la différence de poids entre les deux, Saverglass privilégie le prestige et la personnalisation de ses bouteilles allégées pour les marchés haut de gamme, tandis que Verralia avec sa gamme Ecova mise sur l’échelle industrielle. L’intérêt de cet allègement, qui demande plusieurs années de recherches ne se limite pas à une course à la performance ou une simple économie de matière : en réduisant le poids de chaque bouteille, les verriers diminuent aussi les émissions de CO₂ liées à la fabrication et au transport, pour s’inscrire dans l’objectif de neutralité carbone visé par la filière d’ici à 2035 : à l’échelle mondiale, les émissions de dioxyde de carbone liées à la fabrication du verre s’élevaient à environ 95 millions de tonnes en 2022. Cette baisse de poids sur 100.000 bouteilles pourrait représenter près de 1,8 tonne de CO₂ évitée. Or, rien qu’à Oiry, où Verralia produit environ 200 millions de bouteilles par an, majoritairement pour le marché champenois et autres vins effervescents, cette évolution pourrait représenter une économie de 3.600 tonnes de CO₂ chaque année.

Depuis 2022, l’usine de Chalon-sur-Saône, la plus grande des 32 sites du groupe Verallia, suit un programme de modernisation évalué à 65 M€. Le 2 avril, elle a rallumé son premier four nouvelle génération. Alors que dans les fours traditionnels, l’usine consomme 93 % de gaz et seulement 7 % d’électricité, avec cette nouvelle technologie, la part d’électricité grimpe à 25 %, ce qui permet une réduction des émissions de CO2 de 11 %.