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93e année

Benteler Automotive : Chronique d’une fermeture annoncée

Industrie. Le 18 novembre, la direction de Migennes annonçait aux 400 salariés du site la décision de l’industriel allemand de cesser ses activités dans l’Yonne. Sous la pression du ministère de l’Économie et du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, un délai supplémentaire d’un mois avait été accordé pour trouver un repreneur. Jusqu’ici en vain.

Benteler Automotive

La mobilisation avait été quasi-générale le mardi 23 novembre lors de la manifestation des salariés de Benteler Automotive dans la ville de Migennes, durant laquelle les commerçants avaient baissé leur rideau, en signe de solidarité. Le candidat bourguignon à l’élection présidentielle, Arnaud Montebourg, était venu apporter son soutien. De même que Nicolas Soret, le vice-président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté chargé des affaires économiques et maire de Joigny, la cité voisine.

Une procédure enclenchée

Après une semaine de grève, les salariés de l’équipementier allemand avaient repris le travail « à contre-cœur », la direction accordant un délai supplémentaire aux pouvoirs publics pour trouver un éventuel repreneur, après avoir refusé l’offre de Mutares qui n’offrait pas de perspectives d’avenir suffisantes. Dès le 6 décembre, une réunion du comité social et économique (CSE) esquissait les premiers lignes du futur plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévoyant trois vagues de départs, en mai, en juillet et en décembre 2022.

Un sentiment d’abandon

« D’après mes informations, il n’existe aucune nouvelle offre de reprise pour le moment », explique Abderrahmane Nassour, le représentant FO du personnel, qui ne croit plus à l’arrivée miraculeuse d’un potentiel repreneur. La holding allemande n’a, quant à elle, pas réévalué son offre. Pire, selon le délégué syndical, « nous avons aucune nouvelle, ni de l’État, ni de la région. Il n’y a plus aucune mobilisation autour de nous. Les salariés se sentent complètement abandonnés. Seuls les représentants syndicaux essaient de faire en sorte que tous partent dignement ».

Stéphane Bourdier