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92e année

Benteler décide de fermer son usine de Migennes

Industrie. Jeudi dernier, lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire, la direction a annoncé l’intention du groupe industriel allemand de fermer son site icaunais, bien que plusieurs repreneurs potentiels se soient manifestés. Les quelques 400 salariés ont immédiatement cessé le travail et bloqué l’accès à l’usine.

Coup de tonnerre dans le bassin industriel migennois ! La direction du deuxième plus gros employeur de la cité cheminote a, contre toutes attentes, annoncé à ses partenaires sociaux, jeudi matin, la fermeture de l’usine à une date qui reste encore à déterminer, et la mise en place dans la foulée d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

En juin dernier, l’équipementier automobile allemand, qui compte près de 25.000 collaborateurs dans le Monde, avait fait part au comité social et économique (CSE) de sa volonté de trouver un repreneur pour son usine de Migennes et avait missionné un cabinet extérieur pour entreprendre des recherches. « Nous avons cru au discours de la direction. Il n’était pas question de PSE, encore moins de fermeture puisque nous avons des projets avec les constructeurs jusqu’en 2025 », explique Régis Lemaitre, le secrétaire (Force ouvrière) du CSE.

Opération « ville morte »

À la rentrée, quatre repreneurs potentiels se seraient montrés intéressés par une reprise du site, dont la holding industrielle allemande Mutares, spécialisée dans le rachat d’entreprises en difficultés - le fonds d’investissement a notamment repris le groupe Lapeyre au début de l’été. L’offre aurait été rejetée par le groupe car ne donnant pas assez de garanties sur l’emploi à moyen terme. « Nous allons maintenir la lutte jusqu’au bout pour maintenir le savoir-faire et les emplois à Migennes », prévient Régis Lemaitre qui assure que le ministère de l’Économie reste très attentif à l’évolution du dossier.

Arrivée il y a une trentaine d’années en Centre-Yonne, la division automobile de Benteler conçoit des pièces de sécurité (trains arrière, flancs…) pour de nombreux constructeurs comme Renault, Volvo ou le groupe Stellantis (issu de la fusion entre PSA et Fiat-Chrystler). Fragilisée comme l’ensemble de la filière par la crise sanitaire, elle emploie près de 400 personnes dont 310 en CDI. Demain, une grande manifestation s’élancera de la zone industrielle pour traverser une ville où tous les commerçants auront baissé leurs rideaux en signe de solidarité.

Stéphane Bourdier