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92e année

Bientôt le premier whisky nivernais

Nouveauté. Déjà créateur de bière, le brasseur Vincent Robiche lance le premier Whisky nivernais.

Et si la Nièvre devenait écossaise ? Il y a 100 ans, la Nièvre avait déjà des fabricants de grandes cornemuses. Bientôt elle aura aussi son Whisky. Installé depuis dix ans à Parigny-les-Vaux, Vincent Robiche s’est fait une place de choix parmi les brasseurs nivernais avec sa marque La Rur’ale. Après avoir inventé des bières de saison (dont une tropicale pour l’été 2021), c’est dans le Young Malt, le Whisky et le Gin qu’il se lance  : « L’idée est de produire un Young Malt et un Gin local avec le matériel qui était utilisé en Irlande il y a un siècle et ainsi, perpétuer l’état d’esprit des maîtres distillateurs. » Si la technique est longue et peu rentable, son objectif est avant tout de redécouvrir des arômes et des saveurs impossibles à reproduire à grande échelle. Brasserie et distillerie : un couple légitime.

Vincent le brasseur et Vincent le distillateur travailleront à partir de la même céréale : le malt d’orge de Montluçon et à l’ancienne. Et le retour aux sources ne s’arrête pas là : « La distillerie va prendre place dans une ancienne étable préservée au maximum avec un étiquetage clairement inspiré des années 20 et de la prohibition. » Une inspiration légitime dans les terres de Guérigny dont les forges royales produisirent pendant plusieurs siècles, le matériel de la marine royale qui contribua notamment à la Guerre d’Indépendance des États-Unis et avec qui la cité nivernaise entretient des liens privilégiés.
En attendant, Vincent Robiche fait appel au financement participatif – sur le site de crowfounding KissKissBankBank – qui ouvrira le 24 juin pour une durée d’un mois avec, pour les contributeurs, une compensation dont le secret est encore jalousement gardé...

Pour les autres, si les premières bouteilles de Gin devraient prendre place sur les étals au premier trimestre 2022, il faudra en revanche s’armer de patience et d’anticipation pour ouvrir les premières bouteilles (numérotées et en petite production) du premier whisky nivernais car pour obtenir l’appellation whisky, il faut que le Young Malt ait vieilli au moins trois ans. Rendez-vous donc à l’été 2024 et d’ici là et même après, n’oubliez pas de consommer avec modération.

Antoine Gavory