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Ça turbine fort sur le chantier de la centrale hydroélectrique de Colombier-Fontaine

Doubs. Le chantier de réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Colombier-Fontaine, porté par la société Dream Energy, a franchi un tournant majeur mardi 10 mars avec l’installation de deux turbines monumentales. Ce projet de plus de 3 M€ vise une mise en service en septembre 2026.

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(Crédits : Frédéric Chevalier)

C’est une manoeuvre aérienne de haute précision qui a animé les bords du Doubs ce mardi. À l’aide d’une grue de 200 tonnes, deux turbines de onze tonnes chacune ont été déposées sur leur socle définitif. Ces « mastodontes » turquoise, fabriqués par l’entreprise allemande Watec Hydro, mesurent près de quatre mètres d’envergure et représentent un investissement d’1 M€ à elles seules. François Romatier, chef de projet chez Dream Energy, surveillait l’opération de près : « Le risque aujourd’hui, c’était si le vent atteint les 50 km/h », explique-t-il, soulignant la fragilité de l’opération malgré le poids des machines.

Un site chargé d’histoire

(Crédits : Frédéric Chevalier)

La future centrale prend place sur le site d’une ancienne filature fermée en 1971 et rachetée en 2015 par le groupe Artea et sa filiale Dream Energy (basée dans les Hauts-de-Seine). Alors qu’une installation hydroélectrique existait déjà, un incendie accidentel avait ravagé 3.000 m² de toiture en février 2017, paralysant l’activité. Plutôt que de tenter de réparer une mécanique très détériorée, l’entreprise a choisi de reconstruire une structure optimisée. « On est venu construire notre centrale directement sur l’ancienne », précise François Romatier.

Le saut technologique est significatif. Alors que l’ancienne installation vétuste produisait environ 500.000 kWh par an, le nouveau dispositif devrait atteindre trois millions de kWh annuels, soit une production six fois supérieure. Avec une puissance de 500 kW, le site pourra alimenter en électricité l’équivalent de 600 à 700 foyers. L’énergie produite ici sera réinjectée au réseau électrique national (vendue notamment à EDF). « La construction d’une unité de stockage de l’énergie par batterie est également prévue », indique le chef de projet.

Composer avec les caprices du Doubs

Contrairement à d’autres ouvrages hydrauliques, celui de Colombier-Fontaine n’a pas de retenue d’eau, ce qui signifie qu’il ne peut pas influencer le cours de la rivière. La gestion de la production dépend donc entièrement du débit naturel du Doubs. « Avoir une crue, ne signifie pas forcément avoir une meilleure production, explique François Romatier. L’objectif est surtout de maximiser le rendement lorsque le débit est faible, plutôt que de compter sur des pics. Il s’agit d’optimiser au mieux la production en fonction de la quantité d’eau disponible ».

Continuité écologique et calendrier

(Crédits : Frédéric Chevalier)

Au-delà de la production énergétique, le projet, dont le coût est évalué à 3 M€, inclut un volet environnemental important avec la création d’une passe à poissons et d’une glissière pour les canoë-kayaks. Ces aménagements visent à rétablir la continuité écologique sur cette section du Doubs. Le chantier, débuté en août 2025, entre désormais dans sa seconde phase. Le génie civil reprendra cet été avec notamment l’aménagement des chambres d’eau. La mise en service définitive est attendue pour septembre 2026.