Entreprises

Deux Fondations unies pour l’insertion

Région BFC. Le partenariat entre la Fondation TotalEnergies et la Fondation du patrimoine a fêté ses vingt ans au Théâtre de Nevers. Il a accompagné 350 chantiers avec une même logique : faire du patrimoine un levier d’insertion, de formation et de développement territorial.

Lecture 4 min
Photo de Jean-Christophe Bonnard
Sur la scène, au micro : Jean-Christophe Bonnard. Crédit : JDP.

Deux décennies, 350 chantiers, environ 40 M€ d’investissements : ce sont les chiffres du partenariat entre la Fondation du Patrimoine et la Fondation TotalEnergies. Un rapprochement qui se veut un levier à la fois patrimonial, économique et social : « La jeunesse, l’insertion et la formation des jeunes sont les axes principaux d’intervention de la fondation », explique Vincent Gaffard, directeur régional Bourgogne Franche-Comté de TotalEnergies.

Pour la Fondation du patrimoine, cette dimension est également stratégique : « Ce critère d’insertion est clairement très porteur et il est bien reçu, à la fois par les responsables politiques et par les territoires. Il devrait permettre de générer environ 20 000 heures d’insertion en 2025 », détaille Jean-Christophe Bonnard, délégué régional de la Fondation du Patrimoine en BFC. Au-delà de l’enjeu social, les effets économiques sont notables : « On estime qu’un euro investi dans un chantier de rénovation du patrimoine représente 20 à 23 € de retombées économiques », ajoute Vincent Gaffard.

Le Théâtre de Nevers, restauré entre 2015 et 2019 pour 2,22 M€, en est un exemple. Le projet, soutenu par la Fondation TotalEnergies à hauteur de 100 000 € et une collecte de dons équivalente, a mobilisé environ 120 jeunes issus de dispositifs d’insertion : « Aujourd’hui, l’équipement affiche un taux d’utilisation de 98 % », détaille Marie-Liesse Dupoyet, chargée de mission de la Fondation du patrimoine pour la Nièvre. Dans un autre registre, l’observatoire astronomique de Château-Chinon illustre l’ouverture du dispositif vers le patrimoine scientifique et naturel. Soutenu à hauteur de 100 000 €, il s’inscrit dans une dynamique de valorisation du ciel nocturne et de développement d’activités pédagogiques et touristiques, en résonance avec Vézelay, engagé dans la protection du ciel nocturne et la lutte contre la pollution lumineuse, dans le cadre du Grand Site de France et du Parc naturel régional du Morvan.

Un modèle structuré

La Fondation du patrimoine représente aujourd’hui environ 180 M€ de contributions annuelles à l’échelle nationale : « Le partenariat avec la Fondation TotalEnergies est une petite part mais il est très structurant parce qu’il permet de développer des projets intégrant l’insertion des jeunes, l’insertion professionnelle et parfois des parcours plus spécifiques et c’est une dynamique aujourd’hui très bien comprise et valorisée par les territoires. La force de ces projets, c’est qu’ils ne se limitent pas à la restauration, ils embarquent une dimension sociale forte », explique Jean-Christophe Bonnard. Les chantiers reposent sur une organisation encadrée associant entreprises et bénévoles, ces derniers pouvant intervenir uniquement sur des tâches ciblées : « Par exemple à Nevers, les jeunes en insertion ont contribué au démontage des sièges du Théâtre et aux travaux de pré-chantier », précise Marie-Liesse Dupoyet.

Alors, comment sont choisis les projets ? « On mobilise nos délégations régionales pour identifier les opérations les plus pertinentes avant une sélection resserrée au niveau national ; on cible les projets intégrant une dimension d’insertion, avec exclusion du patrimoine privé et priorité donnée aux chantiers capables d’accueillir des publics éloignés de l’emploi. On fait un écrémage pour en présenter au maximum deux par région au comité national qui en retient 15 », explique Vincent Gaffard.

Enfin, le partenariat dépasse les chantiers avec un volet dédié à la formation et à la transmission des savoir-faire. La Fondation TotalEnergies accompagne environ 100 000 jeunes par an et dispose de 200 M€ sur cinq ans pour ses actions sociales et éducatives. Un partenariat de 60 M€ sur dix ans a aussi été signé avec la Fédération nationale des écoles de production avec un objectif clair : renforcer les filières techniques et sécuriser les parcours d’insertion professionnelle des jeunes.