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Du répit pour Lapierre

Côte-d’Or. Le Tribunal de commerce de Dijon a ouvert le 25 août une procédure de redressement judiciaire au bénéfice des Cycles Lapierre. La décision place le fabricant de vélos dans une période d’observation de six mois, sous contrôle du Tribunal, sans rupture des contrats de travail ni arrêt de de l’activité

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Cycles lapierre
Fort d’une R&D, d’un savoir-faire et d’une histoire 100% dijonnais, le fabricant de vélos veut croire en ses chances de séduire un investisseur. Crédit : Cycles Lapierre.

« La décision du Tribunal nous donne exactement ce que nous étions venus demander : la possibilité et le temps de nous battre. Elle ne signifie pas que nous sommes sauvés, mais elle signifie que nous pouvons agir ». La déclaration de William Perrier, directeur général des cycles Lapierre, dans un communiqué publié à l’issue de l’audience le 25 août résume l’état d’esprit du fabricant dijonnais de vélos, qui a refusé de couler en même temps que sa maison-mère, le Néerlandais Accell.

Pertes réduites de 41 % en un an

Devant le tribunal, Cycles Lapierre SAS a pu faire valoir ses chiffres 2025, avec une perte d’exploitation passée de 46,3 à 27,2 M€ entre 2024 et 2025, soit une réduction supérieure à 41 %. L’entreprise s’appuie sur un site industriel et technique à Dijon, une unité d’assemblage, des équipes de R&D, d’achats et de supply chain, ainsi qu’un réseau de plus de 800 revendeurs en France et à l’international. La marque a été créée en 1946. Sous le contrôle des organes de la procédure, les Cycles Lapierre doivent mener de front quatre chantiers : sécuriser l’activité immédiate (trésorerie, salaires, commandes livrables, SAV, stocks et approvisionnements) ; finaliser un plan d’affaires autonome, fondé sur la rentabilité par produit, client et canal, et la maîtrise des coûts ; sécuriser l’autonomie juridique et opérationnelle, notamment les droits d’exploitation de la marque et des produits, les systèmes et les contrats essentiels ; enfin, accélérer la recherche d’un investisseur industriel ou financier capable d’apporter des fonds propres et de financer le besoin en fonds de roulement. Dans les deux premiers mois de la période d’observation, l’entreprise devra démontrer sa capacité à financer la poursuite de son activité. L’objectif final reste l’entrée d’un investisseur et la construction d’un plan de continuation, à ce stade non encore arrêté.

Emplois préservés

Photo de William Perrier
William Perrier, directeur général de Cycles Lapierre (Crédits : Cycles Lapierre)

L’ouverture de la procédure ne rompt pas les contrats de travail : les collaborateurs restent salariés des Cycles Lapierre et poursuivent leur activité. Une information régulière du CSE et des salariés est prévue. « Je sais parfaitement ce que cette période représente pour nos équipes et leurs familles. Leur inquiétude est légitime. Mais aujourd’hui, leur savoir-faire est aussi l’une des principales raisons pour lesquelles un investisseur peut croire dans Lapierre », a ajouté William Perrier. La mobilisation annoncée associe salariés, clients, distributeurs, fournisseurs, banques, services de l’État et collectivités territoriales. Selon l’entreprise, cette mobilisation ne vise pas à substituer de l’argent public à l’investissement privé, mais à « faciliter les mises en relation avec un investisseur ».

Le marché français du vélo, en repli global, pèse encore 3,11 milliards d’euros. Certains segments progressent : le gravel (+18 %), la réparation (+10,5 %), les pièces et accessoires (+0,3 %) et la production française (+3,4 %).