Eco-Tourets boucle la boucle avec Axjo
Yonne. Créée en avril 2025 à Villeneuve-sur-Yonne, Eco-Tourets vient d’être rachetée par le groupe suédois Axjo. Son fondateur, Maxime Peyronny, conserve la direction de l’activité française, désormais tournée vers la récupération et le réemploi des tourets en plastique recyclé.
À Villeneuve-sur-Yonne, les tourets changent de matière, mais pas de vocation. Ces grandes bobines sur lesquelles sont enroulés les câbles électriques sont au cœur de l’activité d’Eco-Tourets depuis sa création en avril 2025.
Le principe de départ était simple : récupérer les tourets vides, vérifier leur état, les remettre en circulation lorsqu’ils le peuvent et recycler les autres. « Au lieu de les jeter, moi je les récupère », résume Maxime Peyronny. L’idée lui est venue au fil de ses recherches sur la gestion de ces équipements, alors qu’il constatait que des chantiers accumulaient des bobines encore valorisables. Le jeune entrepreneur s’est alors lancé seul dans l’aventure, de la collecte au contrôle qualité, en passant par la vente.
Mais le modèle a rapidement montré ses limites. « Je me suis rendu compte qu’en fait c’est hyper dur de les réutiliser », explique-t-il à propos des tourets en contreplaqué, dont une grande partie ne peut pas être remise en circulation. Le recyclage de ces équipements composites, mêlant notamment bois, carton et métal, représente également une difficulté.
C’est dans ce contexte qu’il rencontre Axjo, industriel suédois spécialisé dans les tourets en plastique recyclé. Les échanges débouchent sur le rachat d’Eco-Tourets, annoncé début septembre 2026. « Pour moi qui cherchais à grossir, c’était parfait aussi », reconnaît Maxime Peyronny, qui conserve la direction de l’activité française.
Une filière de réemploi à développer en France
Avec cette acquisition, l’entreprise icaunaise change d’échelle et de matière. Les tourets commercialisés par Axjo sont fabriqués à partir de déchets plastiques recyclés. Selon Maxime Peyronny, ils peuvent être réutilisés « entre huit et dix fois en moyenne », contre environ trois cycles pour certains tourets en bois. Les modèles en contreplaqué, eux, sont souvent difficilement réutilisables.
Le dirigeant insiste également sur l’intérêt environnemental de cette solution. Une analyse de cycle de vie comparant différents types de tourets a été réalisée avec l’appui de spécialistes. « Dès la première utilisation, notre produit était meilleur que ce qui existe aujourd’hui », affirme-t-il. Il avance notamment un impact dix fois inférieur à celui du contreplaqué dans l’étude, tout en précisant que le transport depuis la Suède entre dans l’équation.
À Villeneuve-sur-Yonne, le site doit servir de plateforme logistique et commerciale, mais aussi de point d’appui pour organiser la récupération des tourets en fin d’utilisation. « Ce qu’on veut, c’est qu’il nous redonne tout », explique Maxime Peyronny. Un système de collecte doit ainsi être développé en France, avec des enlèvements sur chantier ou des points relais. L’application déjà utilisée dans certains pays européens doit également être adaptée au marché français.