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93e année

Ecollant offre une seconde vie au polyamide 6.6

Textile. Installée au sein du pôle environnemental d’Auxerre, la start-up portée, notamment, par les deux associés de la société migennoise Divine Paris, valorise la matière première contenue dans les collants usagers pour confectionner chaussettes et maillots de bain éco-responsables.

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Lancée en 2019 à l’initiative de trois associés, dont Laurent Trognon et Frédéric Austrui - les dirigeants de Divine Paris, leader national du collant fantaisie - cette start-up en innovation textile s’est associée à des laboratoires de recherche académique afin de valoriser le polyamide 6.6 qui compose à 85% les bas et les collants. Ce qui fait de l’entreprise icaunaise l’une des pionnières dans le recyclage écologique du nylon.

Chaque année, près de 130 millions de pairs de collants sont vendus en France et 104 millions d’entre eux sont jetés. Soit un gisement de matières premières équivalent à 7.315 tonnes non recyclées. Grâce à une solution enzymatique, Ecollant travaille à séparer le précieux nylon de l’élasthane afin de réinjecter le premier dans la chaine de fabrication. « Le polyamide 6.6 fabriqué quasi-exclusivement en Asie du Sud-Est coûte 10.000 euros la tonne. Au 1er janvier, son prix va connaître une augmentation de l’ordre de 30% », explique Laurent Trogon. Une solution éco-responsable qui permettrait à terme aux entreprises françaises d’être moins dépendantes des produits importés.

Incubée au sein de Deca-BFC

Son objectif est de concevoir une collection 100% française avec des matières issues de l’économie circulaire. Cette année, ce sont 100.000 maillots de bain qui ont été vendus en marque blanche via une grande enseigne. L’an prochain, Ecollant doit lancer sa propre marque commerciale de chaussettes.

Afin d’accélérer sa phase de développement, la start-up icaunaise a reçu le soutien de l’Ademe - l’Agence de la transition écologique - dans le cadre du plan gouvernemental France relance. Une subvention de 5.000 euros lui a été accordée au titre du volet « Tremplin » pour l’accompagnement à l’éco-conception. Une autre de 100.000 euros, attribuée grâce au dispositif EETE (Entreprise engagée dans la transition écologique), doit lui permettre d’accélérer le prototypage et la commercialisation de ses gammes textiles.

Stéphane Bourdier