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EDF fête ses 80 ans et en BFC ça veut dire beaucoup !

Côte-d’Or. Jeudi 9 avril à Dijon, Carmen Munoz-Dormoy, directrice régionale d’EDF en Bourgogne Franche-Comté, a retracé les huit décennies d’évolution de l’énergéticien national, insistant sur le rôle déterminant joué par la BFC, terre de souveraineté énergétique et industrielle.

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Carmen Munoz-Dormoy, directrice régionale EDF BFC et Alain Daubas, correspondant régional pour la Fondation groupe EDF. (Crédit : JDP.)

EDF est née le 8 avril 1946 sous l’impulsion de Marcel Paul, ministre du gouvernement de Charles de Gaulle. À cette époque, le territoire n’était pas entièrement électrifié et de nombreuses petites compagnies coexistaient. La décision fut prise de créer une compagnie nationale d’électricité pour accompagner la reconstruction de la France, apporter le confort dans tous les foyers et soutenir le développement économique. « Et dès le départ, souligne Carmen Munoz-Dormoy, directrice régionale d’EDF, il y avait cette volonté de ne plus dépendre d’autres pays pour nos ressources énergétiques ».

Cette ambition de souveraineté passe d’abord par un investissement massif dans l’hydroélectricité. « Un moment fort pour la région Bourgogne Franche-Comté fut la construction du barrage de Vouglans dans le Jura en 1968, qui constitue encore aujourd’hui la troisième plus grande retenue de France », affirme Carmen Munoz-Dormoy tout en insistant sur le fait que la Bourgogne France-Comté est une région clef dans le développement d’EDF. « Il y a plein d’éléments majeurs concernant l’électricité en France qui se sont passés et chez nous ».

En 1958, la France montre les premiers signes d’un intérêt pour la technologie nucléaire. Mais c’est bien le premier choc pétrolier de 1973 (lié à la guerre du Kippour) qui a servi de déclencheur à une véritable nucléarisation du parc électrique français. Face à l’explosion des prix du pétrole, la France lance le plan Messmer pour construire son parc nucléaire et sortir de la dépendance aux énergies fossiles pour sa production d’électricité. Là encore, la région BFC a joué un rôle phare : « Le site de Framatome au Creusot a été précurseur. Il a permis à la région d’être au coeur de cette nouvelle technologie dès 1958, participant aux premiers développements techniques, avant que la France ne choisisse massivement cette voie pour sa production d’électricité. Le site de Saint-Marcel est arrivé dans un second temps pour soutenir le déploiement du parc nucléaire français. Une étape symbolique majeure a été la fabrication du premier générateur de vapeur en 1975. Ensemble, ces deux sites ont contribué à l’émergence de l’industrie nucléaire française », développe la directrice régionale.

Une nécessaire électrification des usages

Aujourd’hui, le groupe EDF produit une électricité souveraine et très bas carbone, seulement 24 g de CO2 par TWh. La France est également un exportateur massif d’électricité bas carbone vers ses voisins européens (92 TWh en 2025 sur une production totale de 544 TWh). Après avoir sécurisé la production d’électricité via un mix nucléaire, hydraulique et renouvelables, EDF entame, à l’occasion de ses 80 ans, une seconde phase de sa politique de souveraineté. L’enjeu n’est plus seulement de produire une électricité propre, mais de s’en servir pour remplacer le gaz et le pétrole (qui représentent encore 75 % de l’énergie finale consommée) dans les secteurs de la mobilité, de l’industrie et du bâtiment. « Ces énergies fossiles sont massivement importées depuis des géographies qui sont pas nécessairement les géographies les plus favorables à la France et qui sont actuellement soumises à des chocs géopolitiques... Il faut bien prendre conscience que l’arme de la géopolitique moderne, c’est l’énergie. Et c’est pourquoi, il est vital de se débarrasser du gaz et du pétrole là où on l’utilise encore », argue Carmen Munoz-Dormoy. Cette ambition se traduit par un plan national de 240 M€ visant à accélérer l’électrification en France, par des aides financières pour les pompes à chaleur, le transport électrique et la réindustrialisation. « Ces grandes orientations de la politique énergétique française ont été dévoilées sur notre territoire, rappelle la directrice régionale. D’abord le 10 février 2022, avec le discours du Président de la république, Emmanuel Macron à Belfort, sur la relance du nucléaire. Puis, par l’annonce, le 12 février dernier, des grandes lignes de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) par le Premier ministre Sébastien Lecornu, alors en visite au barrage de Vouglans ».

Fondation groupe EDF : 250.000 € pour un nouvel appel à projet en BFC

Pour les 80 ans d’EDF, la Fondation groupe EDF lance son appel à projets 2026-2028 en Bourgogne Franche-Comté avec une dotation de 250.000 €. Ce dispositif, territorialisé depuis 2020, permet d’agir au plus près des besoins locaux. Alain Daubas, correspondant régional pour la Fondation, explique que cette année une « coloration locale » a été intégrée suite aux retours des acteurs de terrain. « La Fondation s’est ainsi appuyée sur un diagnostic territorial partagé, élaboré conjointement par ses représentants régionaux en BFC et des acteurs de la société civile, que nous avons souhaité associer à l’appel à projets ». Les priorités retenues pour la BFC sont : la valorisation des métiers manuels de l’industrie dans le bassin d’emploi régional (soudeurs, chaudronniers, électriciens, mécaniciens…), en portant une attention particulière à la mixité sociale et de genre des apprenants ; la lutte contre l’isolement et l’exclusion ciblant particulièrement les jeunes en milieu rural ; l’accompagnement des jeunes face aux transitions (mutations industrielles, agricoles ou énergétiques) et l’encouragement à l’acquisition des repères citoyens, à travers des démarches éducatives innovantes, ancrées localement et construites en partenariat avec les acteurs associatifs et publics des territoires. « L’objectif est d’aller vraiment sur les besoins des territoires et de toucher notamment les publics en situation d’échec dans leur parcours de vie », précise Alain Daubas. Le dispositif s’adresse aux associations d’intérêt général et aux organismes à but non lucratif, de BFC, éligibles au mécénat. Ceux-ci ont jusqu’au 30 juin pour déposer leurs dossiers sur la plateforme Optimy accessible sur : fondation.edf.com