Élargir le dispositif aux vols commerciaux
Transports. Pour le président du conseil de surveillance du CH de l’agglomération de Nevers et maire de Nevers Denis Thuriot, le choix d’Avialpes et sa capacité à accompagner et élargir le dispositif Flying doctors a été un critère déterminant dans l’attribution du marché.
Pour le président du conseil de surveillance du CH de l’agglomération de Nevers et maire de Nevers Denis Thuriot, le choix d’Avialpes et sa capacité à accompagner et élargir le dispositif Flying doctors a été un critère déterminant dans l’attribution du marché. L’élu, en effet, ne cache pas sa volonté d’élargir l’usage du pont aérien. Au-delà des praticiens hospitaliers, il souhaite l’ouvrir aux médecins libéraux, aux hommes d’affaires, voire au grand public. Plusieurs pistes sont à l’étude : des liaisons vers Dijon, régulièrement demandées, ou vers Lourdes pour du tourisme de pèlerinage. Paris, en revanche, a été écarté - la proximité rend le trajet aérien peu pertinent et les taxes aéroportuaires franciliennes grèveraient le prix du billet.
Face aux critiques environnementales, Denis Thuriot avance un calcul simple : le dispositif Flying doctors « équivaut à 30 voitures par semaine qui ne vont pas à Dijon » : un chirurgien pédiatre, qui consulte par exemple 35 enfants en une après-midi à Nevers, évite autant de trajets automobiles vers le CHU. Par ailleurs, il rappelle la faible consommation de carburant par trajet et le fait qu’Avialpes revendique l’utilisation de carburant d’origine végétale et envisage, à terme, une transition vers l’électrique. « Et même si le bilan carbone était négatif, la santé est primordiale », tranche l’élu, rappelant que la Nièvre affichait l’espérance de vie la plus faible de Bourgogne Franche-Comté.
Les rotations, actuellement saturées le jeudi, passent désormais à deux jours par semaine avec l’ajout du lundi. Objectif affiché : atteindre quatre rotations hebdomadaires.
Contrairement aux idées reçues, le pont aérien génère des recettes pour le centre hospitalier de Nevers. Quand des chirurgiens dijonnais viennent opérer sur place, l’établissement facture les actes réalisés. « Les dernières recettes sont supérieures au coût de location des avions », affirme Denis Thuriot. L’enjeu est d’autant plus crucial que l’hôpital dispose de neuf plateaux techniques chirurgicaux, mais n’en exploite que quatre, faute de personnel qualifié - chirurgiens et infirmières de bloc notamment. Chaque intervention réalisée grâce aux Flying Doctors contribue donc à « réduire le déficit de l’établissement ».
Le dispositif coûte environ 200.000 € par an. L’Agence régionale de santé participe désormais au financement à hauteur de 50.000 € annuels, sur trois ans. Sans compter les économies réalisées par l’Assurance maladie sur les transports sanitaires : « Tout ce que la CPAM ne rembourse pas en VSL en voyages, c’est énorme. Si on ajoute ces frais évités dans l’équation, conclut l’élu, le dispositif est largement bénéficiaire ».