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Entreprises sociales : quelles retombées ?

Économie. À travers sa mesure d’impact des entreprises sociales, exclusive en Bourgogne-Franche-Comté, Chantier école BFC cherche à mettre en avant l’utilité sociale et économique de ces structures souvent méconnues.

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Photo de Vivien Hurson-Dargaud
Vivien Hurson-Dargaud, délégué général de Chantier école BFC et rédacteur de la mesure d’impact des entreprises sociales. (Crédit : JDP)

Elles sont 103 en Bourgogne-Franche-Comté, représentant au total un peu plus de 3.300 salariés dans des secteurs tels que l’agriculture biologique, le maraîchage, le recyclage ou le réemploi. Les entreprises sociales ont vocation à lier leur activité économique à la réinsertion des personnes éloignés de l’emploi, notamment en situation de précarité ou bénéficiaires de minima sociaux.

« L’idée derrière notre mesure d’impact est de démontrer la valeur ajoutée de nos entreprises sociales, résume Vivien Hurson-Dargaud, délégué régional de Chantier école BFC et rédacteur de la mesure d’impact. Avec la méthode du “social return on investment” (retour social sur investissement, Ndlr), on calcule leur impact social et économique sur l’économie locale. Tout est fait à l’échelle de la région avec la participation de nos 96 entreprises adhérentes ».

157 M€ de valeur ajoutée

La mesure d’impact publiée par Chantier école BFC prend en compte l’exercice comptable 2022, à l’issu duquel les entreprises sociales concernées affichent un chiffre d’affaires global de 19 M€. « Malgré les subventions importantes octroyées par l’État et les collectivités qui s’élèvent à plus de 20 M€ en Bourgogne-Franche-Comté, nos entreprises sociales permettent une réduction des coûts public, avance Vivien Hurson-Dargaud. Elles enlèvent notamment les dépenses liées au RSA et aux indemnités chômage, mais augmentent aussi l’employabilité ».

Selon Chantier école BFC, les bénéfices directs des entreprises sociales de la région sont estimés à 60,7 M€ (dont 40,3 M€ pour la région et 22,8M€ de coûts évités par l’État). À cela s’ajoutent les bénéfices indirects, conséquence de l’activité économique des entreprises sociales. « 72% de nos entreprises consomment en région ; cela stimule l’emploi local et permet aux PME de notre région de maintenir leur activité. »

Ces activités représenteraient des bénéfices indirects estimés à 18,4 M€, correspondant à un soutien indirect de 236 emplois. Enfin, Chantier école BFC met en avant les bénéfices induits par ces entreprises sociales, comprenant la propagation de la consommation (des salariés en insertion, des permanents des entreprises sociales mais aussi des salariés des fournisseurs), estimée à 23 M€, ainsi que la création d’emplois supplémentaires résultant de la stimulation de l’activité économique dans la région (787 emplois). Au total, ces bénéfices induits s’élèveraient à 75,1 M€.

En rapportant le montant d’investissement public net (14,9 M€) à la valeur ajoutée minimal des entreprises sociales en Bourgogne-Franche-Comté (157 M€ obtenus en additionnant les bénéfices directs, indirects et induits), Chantier école BFC calcule le retour social sur investissement. « À ce jour, un euro de fonds public sur une entreprise sociale est multiplié par plus de dix en termes de retombées économiques et sociales, assure Vivien Hurson-Dargaud. Il est essentiel de réaffirmer le rôle de ces entreprises et de donner à voir le sens des actions financées publiquement. Il s’agit d’une partie du moteur économique de notre région ».