Erre a déjà la tête dans les étoiles
Yonne. Ouvert en juin 2025, le restaurant Erre au Domaine du Roncemay à Chassy décroche déjà une première étoile au Guide Michelin. Une ascension expresse pour un projet encore jeune, porté par le chef Clément Vergeat et la cheffe pâtissière Marine Matéos.
L’histoire aurait pu ne jamais voir le jour… À l’été 2024, Clément Vergeat débarque au Domaine de Roncemay presque par hasard, appelé en renfort pour un événement de dernière minute. « Je n’avais même pas regardé le lieu avant de venir », sourit-il. Et puis, une fois sur place, tout s’enchaîne… « Ça a été un vrai coup de coeur. » Très vite, le chef se projette. Avec la cheffe pâtissière Marine Matéos, l’idée fait son chemin. « On n’avait jamais travaillé ensemble au quotidien, mais on savait qu’on finirait par créer quelque chose. Ici, ça s’est imposé. »
Quelques mois plus tard, en juin 2025, Erre ouvre. Et neuf mois après, l’étoile tombe. Une première pour le duo. Sans pression excessive pour autant. « On ne s’est jamais dit qu’il fallait absolument l’avoir. On voulait surtout construire quelque chose de solide. L’étoile, c’est une conséquence. » Même son de cloche du côté de la direction. « On l’espérait, bien sûr, mais tout est allé très vite », reconnaît Fanny Garret, directrice générale du Domaine du Roncemay. « Et là, on voit déjà les effets, les réservations s’emballent. » Avec ses 25 couverts côté gastronomique et ses 23 chambres, l’établissement icaunais mise sur une capacité volontairement limitée. « C’est aussi ce qui fait notre force : une petite structure, mais avec de grandes exigences. »
Influences diverses
Car derrière cette étoile, c’est tout le Domaine du Roncemay qui change de dimension. Racheté en 2018, le site a pris le temps de se transformer. « Le restaurant gastronomique, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est tout récent, rappelle Fanny Garret. Cette étoile, c’est un nouveau départ. » Dans l’assiette, Clément Vergeat joue sa propre partition. « Il y a des influences nordiques, avec les fermentations, et aussi les Cévennes, d’où je viens », explique-t-il. Mais pas question d’oublier son nouveau terroir d’adoption. « On travaille au maximum avec des producteurs locaux. C’est du bon sens, et surtout la meilleure manière d’avoir de bons produits. »
Une cuisine qui ne rentre pas vraiment dans les cases. « On ne fait pas de bourguignon revisité, sourit-il. Mais on s’inscrit dans le territoire à notre façon. » Même logique pour les menus : pas de rythme imposé. « Parfois tout change en quelques semaines, parfois juste un plat. Ce qui compte, c’est que l’ensemble reste cohérent. » Reste maintenant à tenir la cadence. « Une étoile, ça se confirme chaque année, rappelle la directrice. Il faut garder le niveau… sans perdre le plaisir. » Dans un département où brillent déjà La Côte Saint-Jacques à Joigny, La Madeleine à Sens et le Château de Vault-de-Lugny dans l’Avallonnais, Erre s’invite dans le paysage sans complexe. « Plus il y a de belles tables, plus les gens restent, glisse Fanny Garret. Et ça, tout le monde y gagne. »