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Et si le futur du jeu vidéo français venait de Tonnerre ?

Numérique. Installée à Tonnerre depuis 2020, l’école CréaSup Digital s’est imposée au fil des années comme une référence dans l’enseignement supérieur spécialisé dans les métiers du numérique, en privilégiant particulièrement la création de jeux vidéo.

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Photo de CréaSup Digital
CréaSup Digital (Crédits : JDP)

L’objectif est de fournir aux élèves des conditions proches de celles rencontrées dans les studios professionnels. Au-delà de l’acquisition de connaissances théoriques, ils sont amenés à concevoir des projets fonctionnels et novateurs, et surtout à comprendre et respecter des contraintes réelles de production. La raison est simple : les cofondateurs de l’école sont tous des vétérans de l’industrie du jeu vidéo et ne connaissent que trop bien les problèmes rencontrés dans le milieu par les développeurs, indépendants ou non. « De nos jours, un game designer doit savoir prototyper avec des outils de visual scripting », nous précise Yann Tambellini, cofondateur de l’école. Comprenez que l’élève doit non seulement savoir concocter un portfolio mettant en avant ses connaissances et conceptualiser un projet de fin d’études, mais également pouvoir fournir une version fonctionnelle de celui-ci afin de pouvoir le « vendre » à de potentiels éditeurs. Cette exigence professionnelle passe par des moyens éminemment formateurs : « Nous installons par exemple chaque année un stand de 25 m² à la Gamescom (ndlr : la plus grosse convention de jeux vidéo du monde, située à Cologne en Allemagne), afin que nos étudiants puissent présenter leurs jeux à des milliers de vrais joueurs. À cause de la barrière de la langue, ils n’ont que leur concept pour convaincre », continue Yann Tambellini.

Des projets fonctionnels

Là où certaines écoles ne favorisent que la théorie du game design, CréaSup Digital propose un accompagnement des étudiants vers leur future vie de développeurs de jeux vidéo. C’est ainsi qu’un incubateur a été monté dans l’école en 2025, afin que les élèves de la première fournée de diplômés puissent continuer à travailler sur leurs projets et ne pas être jetés immédiatement dans le grand bain à remous de l’industrie du jeu vidéo sans même se mouiller la nuque. On pourrait se dire que la chose est noble et va déjà au-delà de ce qui est proposé ailleurs, mais le concept va encore plus loin puisque Super AC, un véritable label de production, a également été fondé en complément de cet incubateur. Cette structure permet aux meilleurs projets n’ayant pas trouvé d’éditeur externe d’être tout de même distribués. C’est en outre une manifestation concrète de la confiance qu’ont les enseignants envers les capacités de leurs élèves.

Deux jeux vidéo édités ce mois-ci

Pour illustrer les bienfaits de ce système d’accompagnement, citons les sorties récentes de deux titres édités par Super AC qui reflètent le savoir-faire des élèves de l’école. En premier lieu, Sky Legends VR qui vous propulse dans le cockpit des pionniers de l’aviation civile des années 1920 en réalité virtuelle (disponible sur casques Meta Quest 3 et 3S depuis le 20 mai, et sur Steam le 4 juin) et qui impressionne par son souci du détail et les sensations qu’il procure. Le second titre se nomme Prohibeast, un jeu d’infiltration tactique en temps réel sorti le 3 juin sur Steam, qui immerge le joueur dans la prohibition d’un Chicago des années 1930 corrompu… et surtout peuplé d’animaux anthropomorphes ! Les deux titres sont d’une qualité bluffante pour des premiers jeux, et démontrent toute la qualité de l’enseignement de l’école icaunaise.