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93e année

Faillites et licenciements, la CAPEB alerte

Artisanat. Après l’annonce du Plan de Résilience du gouvernement, la CAPEB 71 demande 15 mesures supplémentaires pour sauver le secteur du bâtiment.

Sous le nom de Plan de résilience, le premier ministre Jean Castex a annoncé une série de mesures d’urgences destinées à accompagner et protéger les entreprises des conséquences de la guerre en Ukraine, notamment la hausse des coûts des matières premières, de l’énergie et les difficultés d’approvisionnement. Mais dans les rangs de la Capeb 71, ces annonces ne passent pas. Si Denis Guigue – président de la Capeb 71 juge que « certaines mesures vont dans le bon sens », il se déclare « déçu et considère que les préoccupations légitimes des 4.800 artisans du bâtiment de Saône-et-Loire, piliers de l’économie départementale, n’ont pas été suffisamment prises en compte à ce stade » et propose 15 mesures d’urgence.

Pour arguer de ces propositions, le président de la Capeb avance l’investissement depuis deux ans des professionnels du bâtiment : « Depuis bientôt deux ans, les professionnels du secteur du bâtiment ont assuré en pleine crise sanitaire la “deuxième ligne” nécessaire pour la continuité économique du pays malgré des difficultés d’approvisionnement et des augmentations de prix ininterrompues, tant en ce qui concerne les matières premières, que les matériels ». À titre d’exemple : + de 15 % sur les armatures aciers, plus de 25% pour le treillis soudé et des prix valables... 48 heures. Un comportement des distributeurs jugé « inacceptable ». À l’été dernier, la Capeb 71 avait déjà alerté sur une situation ubuesque : certaines entreprises, devant la hausse des matières premières avaient davantage d’intérêt financier à se dédire des marchés engagés et encourir les pénalités, qu’à les honorer.

Faillites en cascade


Avec la guerre, les professionnels du Bâtiment (700.000 véhicules en France) dénoncent aussi l’explosion du prix des carburants qui compromet les marges et fragilise leur trésorerie. Pire encore, ils dénoncent une situation « insoutenable et anxiogène » qui risque de fragiliser tout un pan de l’économie et de conduire : « à des faillites en cascade et à de nombreux licenciements économiques ». Et le président de conclure : « Les entreprises artisanales du bâtiment ne peuvent plus continuer à subir des hausses de coûts aussi importantes et imprévisibles. Il en va de leur survie ! »

Antoine Gavory