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Foxar : viser les étoiles avec des maquettes 3D pédagogiques

Côte-d’Or. En s’appuyant sur le programme Artemis, Foxar trouve un terrain idéal pour illustrer sa mission — rendre la science plus lisible et plus concrète.

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Les fondateurs de Foxar.

Avec ses maquettes 3D en réalité augmentée de la mission Artémis, la start-up dijonnaise Foxars’est offert un joli coup de projecteur. Diffusées sur les réseaux sociaux, ses visualisations du trajet d’Orion vers la Lune ont cumulé près de 1,5 million de vues. On y voit le vaisseau partir de la Terre et honorer son rendez-vous avec notre satellite : le tout dans un univers à taille humaine, projeté dans une petite chambre avec les placards en arrière-plan. « C’est ce qu’on appelle la réalité augmentée : vous voyez les maquettes s’animer devant vous, dans votre maison. Ça fonctionne très bien pour créer des contenus visuels marquants. Ça marche beaucoup sur Instagram et Facebook », explique Louis Jeannin, co-fondateur de Foxar.

Pour mémoire, la start-up, créée en 2020 d’un projet de fin d’études avec l’autre co-fondateur Nicolas Caliguiri, conçoit des maquettes 3D interactives accessibles sur le web, smartphone ou tablette. « L’idée est simple : mieux visualiser pour mieux comprendre. On peut voir ça comme des illustrations, mais beaucoup plus poussées. On imagine des contenus dans l’esprit des maquettes de Fred et Jamy du programme "C’est pas sorcier", diffusé à l’époque sur France 3, mais en version 3D numérique, animée et interactive », résume-t-il.

Un CA qui double chaque année

Grâce la maquette 3D en réalité augmentée, la mission Artémis II prend place dans votre salon... et la start-up dijonnaise Foxar fait un joli coup de publicité. (Capture d’écran Facebook de Foxar.)

Il y a quelques années, au lancement, Foxar cherchait un peu son business-model. Qui est, aujourd’hui, consolidé : avec environ 180 maquettes couvrant l’astronomie, la physique, les sciences de la vie ou encore la biologie. « Dans la bibliothèque il y a une partie gratuite grand public et une autre qui fonctionne par abonnements ou licences pour les établissements », précise-t-il, ayant signé de beaux partenariats avec les collectivités locales, notamment à Dijon, Marseille mais aussi avec les départements du Doubs et du Val-d’Oise où 114 collèges peuvent désormais profiter de cette innovation pédagogique. « Le cas d’usage le plus simple, c’est le professeur qui projette la maquette en classe pour expliquer un phénomène complexe. » Une nouvelle version intégrant des quiz et des interactions doit être lancée dans les prochaines semaines. « Aujourd’hui, on a surtout des contenus à regarder, demain il y aura aussi des choses à faire, avec des exercices et du challenge », ajoute notre interlocuteur. Après avoir tout refait et retesté « deux ou trois fois », le catalogue est prêt.

Mais le moteur économique reste le BtoB. Foxar conçoit des contenus sur mesure pour des professionnels : organismes de formation, écoles d’ingénieurs, mais aussi récemment, la Marine nationale ou encore Thales. « On transforme des contenus techniques en maquettes interactives, utilisables en formation ou sur des salons », explique Louis Jeannin. « C’est aujourd’hui ce qui fait le plus fonctionner l’entreprise ». L’entreprise cible notamment les industriels et les grands comptes, en quête d’outils pédagogiques plus visuels et engageants.

En lien avec Apple

Un autre exemple de ce que réalise la start-up : les différents stades de l’histoire de la Terre. Créationnistes et platistes s’abstenir... Capture d’écran Facebook de Foxar.

La start-up s’est aussi positionnée sur les usages immersifs, en figurant parmi les premières applications du casque Apple Vision Pro, en lien avec Apple. « On peut manipuler les objets 3D comme des hologrammes, avec les mains. C’est une expérience très impressionnante », souligne le cofondateur, qui anticipe une démocratisation progressive de ces outils. Il s’est d’ailleurs rendu à Cupertino, au siège du géant américain, pour développer ses outils.

Avec des contenus et un business model désormais solide et grâce au joli buzz permis par Artémis, Foxar peut désormais accélérer et entrer en phase de « scalabilité ». Le chiffre d’affaires double d’ailleurs chaque année, avec un objectif clair : atteindre le premier million d’euros de résultat en 2027.