French Touch et crèche néerlandaise
Yonne. La micro-crèche sénonaise Ubiq de 520 m², jardin compris, vient d’ouvrir ses portes, alliant pédagogie des Pays-Bas et soutien concret aux soignants de l’hôpital.
La micro-crèche Ubiq vise à renforcer l’offre d’accueil des tout-petits sénonais. Bien que cette dernière soit déjà bien étoffée, la demande reste forte, portée par une croissance démographique continue (+4 % depuis 2016) et par une proportion significative de jeunes de 0 à 14 ans. Mais l’ambition du projet dépasse la seule réponse quantitative. Ubiq s’inscrit dans une véritable démarche pédagogique, introduisant un modèle inspiré des Pays-Bas, centré sur le bien-être et l’éveil des enfants. Au sein de cette structure de 120 m², on retrouve des espaces classiques : salle de vie, dortoirs et espace de change. Pourtant, l’atmosphère diffère. Le décor, volontairement épuré, a été pensé pour limiter les stimuli visuels et favoriser l’autonomie. « L’idée est de mettre l’accent sur la motricité de l’enfant », précise Lucie Van Kempen. Dans la pièce principale, les enfants pourront laisser libre cours à leur imagination avec un aménagement modulable et des matériaux naturels, privilégiant le jeu libre plutôt que les activités dirigées. Ici, chaque recoin est une invitation à l’exploration et au mouvement spontané. Ce qui rend également ce lieu singulier, c’est un immense jardin de 400 m² où les enfants pourront s’épanouir entre un potager et des jeux plein air favorisant la psychomotricité et les découvertes. Le jardin est actuellement en cours d’achèvement, notamment les sentiers sensoriels et la pergola.
L’équipe de l’Ubiq se compose de cinq professionnels, incluant deux auxiliaires de puériculture et un profil CAP. Très sollicitée par les stagiaires, la structure en fait une priorité : « Il faut former les jeunes et leur donner la chance de voir comment ça se passe. C’est vraiment une mission aussi des entreprises de toutes sortes », confie Lucie Van Kempen. À la direction de l’établissement, Éloïse Gauthier fera ses premières armes aux côtés de l’entrepreneure. Infirmière puéricultrice issue du milieu hospitalier avec une solide expérience en pédiatrie, elle se réjouit de ce nouveau défi : « C’est une ouverture, donc ça permet de mettre en place un projet tous ensemble ».
Un investissement de 450.000 €
Avec une capacité de 12 berceaux et une ouverture de 7h30 à 19h30, la structure affiche déjà complet. Seules deux places sont volontairement réservées par Lucie Van Kempen pour le personnel de l’hôpital de Sens. L’enjeu ? Créer un partenariat financier avec l’établissement pour recruter davantage et étendre l’accueil de 7h à 20h, offrant ainsi une solution sur mesure aux soignants en garde de 12 heures. L’entrepreneure souhaite multiplier ce type de collaborations, susceptibles par ailleurs de compenser l’absence d’aides publiques, les crèches étant assimilées au métier d’assistante maternelle. En effet, si le service de la protection maternelle et infantile (PMI) l’a accompagné sur le volet technique, Lucie Van Kempen a porté seule ce projet de 450.000 €. En dehors de son apport, seuls deux prêts d’honneur (Initiative 89 et Réseau Entreprendre Bourgogne) lui ont été accordés, ne couvrant que 10 % du budget total.