Glastint : un film solaire pour rafraîchir les bureaux
Côte-d’Or. Longtemps associés aux vitres teintées des voitures, les films solaires investissent désormais les bureaux, les maisons et les bâtiments publics. À Ouges, près de l’aéroport de Dijon, Glastint entend faire du bâtiment son nouveau relais de croissance.
« Chaque degré qui reste dehors permet de refroidir une pièce tout naturellement ». Pour Aurélien Bucher, directeur associé de l’entreprise Glastint, la formule résume à elle seule la promesse de ses films solaires. Installé à Ouges, sur le site de l’aéroport de Dijon, le professionnel, historiquement positionné sur l’automobile, voit depuis quelques années le marché du bâtiment prendre une place croissante dans son activité.
Le principe est simple et rappelle la technologie qui intègre les couvertures de survie : le film posé sur le vitrage, à l’intérieur ou à l’extérieur, réfléchit une partie du rayonnement solaire avant que celui-ci ne passe au travers des vitres et ne réchauffe la pièce. Certains films intègrent notamment des couches métalliques, avec différents niveaux de réflexion et de teinte. D’autres, les films céramiques, permettent de limiter fortement les infrarouges tout en conservant un vitrage très transparent.
Une fenêtre à 28, l’autre à 35°
Avec des épisodes caniculaires qui se multiplient, le film solaire entend ainsi s’imposer comme une solution intermédiaire. Et la différence avec un bloc de climatisation est essentielle : « La climatisation, elle, prélève les calories présentes dans le bâtiment pour les évacuer dehors. Le film ne produit pas de froid et ne rejette pas de chaleur à l’extérieur. Il cherche juste à empêcher la chaleur solaire d’entrer », se réjouit notre chef d’entreprise. Le film agit donc en amont, avec l’objectif de réduire la surchauffe et, potentiellement, le recours au refroidissement mécanique.
Aurélien Bucher en a fait l’expérience dans ses propres locaux. « J’ai filmé une fenêtre et pas l’autre. J’ai mis des thermomètres : il y en avait une à 28 degrés et l’autre à 35. » Leur documentation technique, disponible sur le site de Glastint, donne même des mesures précises : par exemple, leur E-Athermane peut réduire l’apport d’énergie solaire de 377 à 125 Wm². La promesse commerciale de Glastint peut donc représenter plusieurs degrés de différence selon le bâtiment, son exposition et le film choisi. Mais attention au type de vitrage pour éviter une contrainte thermique trop forte : épaisseur, composition du vitrage et position des différentes couches sont donc étudiées avant la pose.
Le sujet intéresse notamment le secteur public. À Dijon, Glastint aurait ainsi été sollicité pour établir un devis concernant le site de Champmaillot du CHU Dijon-Bourgogne, qui accueille notamment des activités de gériatrie et un Ehpad. Le projet porterait sur les vitrages du bâtiment. À ce stade, le chantier n’est toutefois pas engagé : contacté, le CHU n’était d’ailleurs pas en mesure, le 14 août, de s’exprimer sur le sujet.
Mais cette technologie intéresse aussi les privés ; propriétaires de bureaux vitrés exposés au soleil, et de maisons disposant de grandes baies vitrées : la pose de films « silver » représentant des coûts très inférieurs à une rénovation lourde. Les dispositifs classiques se monnaient autour d’une centaine d’euros le mètre carré, tandis que les solutions céramiques peuvent atteindre 200 à 300 €.
Un demi-million de CA visé
Et l’automobile n’a pas disparu. Elle reste même l’origine de départ de l’activité de Glastint. « Sur les véhicules, les films techniques peuvent améliorer le confort thermique tout en respectant les contraintes réglementaires de transparence sur les vitrages avant. À l’arrière, des teintes plus foncées permettent également de limiter l’exposition solaire des passagers, notamment des enfants », assure notre expert, qui voit toutefois ce marché historique se faire dépasser par celui du bâtiment.
La tendance se serait confirmée en 2025, alors que 2026 s’annonce encore meilleure. À Dijon, l’objectif est désormais de transformer cette dynamique en croissance durable, avec une cible de 300.000 € de chiffre d’affaires, et la possibilité, à terme, de viser jusqu’à 500.000 €.