Groupe Guiton et le collège Jean Rostand font tomber les murs
Côte-d’Or. Situé à Quetigny, à seulement 700 mètres l’un de l’autre, le collège Jean Rostand et le Groupe Guiton ont officialisé, jeudi 22 janvier, leur rapprochement par la signature d’une charte « École-Entreprise », portée par le Medef 21 et le rectorat.
Il n’aura fallu qu’un court trajet aux élèves du collège Jean Rostand pour rejoindre les locaux flambant neufs du Groupe Guiton, entreprise spécialisée dans la construction de bâtiments industriels et de bureaux, tout récemment implantée boulevard de l’Europe à Quetigny. Cette proximité est le socle d’une volonté commune : créer des passerelles durables entre deux mondes qui se côtoyaient sans toujours se connaître.
Pour Hervé Besserer, vice-président de la commission « Compétences et jeunesse » au Medef 21, cette 8e charte « École-Entreprise » signée en Côte-d’Or répond à un besoin de terrain : « L’idée c’était de ce dire, nous sommes dans la même ville, dans le même village, il nous arrive de passer les uns près des autres, de s’arrêter devant l’entreprise, devant l’école sans savoir se qui passe derrière les murs. Alors, au Medef, nous avons co-construit avec le rectorat une charte visant à briser les murs entre le monde de l’éducation et celui du travail pour offrir aux élèves une vision concrète des métiers et faciliter leur orientation future ». Selon lui, l’implication directe des chefs d’établissement et d’entreprise est cruciale pour que l’initiative soit pérenne et mobilise l’ensemble des acteurs, notamment les salariés.
Pour Cyrille Godey, co-gérant du Groupe Guiton, l’enjeu de cette signature dépasse la simple visite d’entreprise, arguant être pleinement dans son rôle de chef d’entreprise de l’écosystème local en aidant à créer des relais entre l’éducatif et l’économique. « Il s’agit par ailleurs de montrer aux jeunes que le secteur de la construction ne se limite pas aux chantiers. Au sein du Groupe Guiton, c’est plus d’une dizaine de métiers qui sont représentés : il y a le commerce, les ingénieurs d’études, les ressources humaines, la comptabilité... ». L’entreprise souhaite également dédramatiser la question du choix professionnel. Cyrille Godey souligne l’importance de faire témoigner des collaborateurs aux parcours variés : « C’est important pour vous, élèves, de voir qu’on choisit une voie et que dix ans après on peut faire autre chose. On a des collaborateurs qui ont de très belles carrières qui ne sont pas linéaires ».
Et l’école s’ouvre sur le monde économique
Pour le collège Jean Rostand, ce partenariat s’intègre parfaitement dans l’option de troisième « Découverte des Métiers » propre à l’établissement. Son directeur, Fabien Belle, voit dans cette signature une étape majeure pour ses élèves en pleine réflexion sur leur orientation post-troisième. « Ce lien école-entreprise sonnait comme une évidence. Il permet à nos jeunes de sortir un petit peu de certains champs disciplinaires pour pouvoir aussi s’ouvrir sur le monde. La charte est pour nous le point de départ d’un lien partenarial abouti, basé sur le partage de compétences, explique-t-il, ajoutant que le monde de demain exigera de l’adaptabilité : quel que soit le choix qu’ils prendront, ils vont partir pour une carrière de 40 ou 43 ans... Ils auront plusieurs carrières professionnelles et c’est une vraie chance ».
Cette dynamique est largement soutenue par les autorités académiques. Marie-Agnès Garnier, adjointe à la Direction régionale académique aux formation professionnelles initiale, rappelle que le service des relations école-entreprise, qui compte sept chargés de mission, travaille quotidiennement à ce rapprochement. « Nous avons même imaginé récemment de tester un dispositif qui s’appelle “parents en l’entreprise” où l’on invite des parents de certains collèges à participer à des visites d’entreprises », précise-elle, avant de s’adresser aux élèves du collège Jean Rostand présents lors de cette signature : « Tout ce qu’on fait, c’est pour vous aider à mieux choisir votre orientation et votre métier plus tard. Quand j’étais plus jeune ce n’était pas comme ça : les entreprises nous les découvrions seulement quand on entrait dans le monde du travail. Aujourd’hui, vous avez cette chance de pouvoir voir ce qu’on fait dans une entreprise et de la visiter. »
Avec cette charte diverses actions lien académique et le professionnel pourront être facilitées : accueil de stagiaires de troisième, interventions de professionnels au sein du collège, participation au forum des métiers... Fabien Belle se réjouit de voir les mentalités évoluer : « J’ai souvenir que quand on parlait d’entreprise qui rentrait dans l’école, ça faisait souvent grand bruit, parce qu’on considérait que le scolaire n’avait pas à être en lien avec le monde professionnel. Je pense qu’au contraire, on s’enrichit mutuellement ».