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92e année

Hausse des carburants : « Nos entreprises ne sont pas comptables »

Inflation. Face à l’inflation des prix du carburant, la CPME 71 monte au créneau pour dénoncer une mesure qui pèse sur les entreprises.

Thierry Buatois, secrétaire général de la CPME 71. Antoine Gavory

L’augmentation des prix des carburants aura beaucoup fait parler ces dernières semaines. Après la demande de la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, d’une baisse des marges par les distributeurs, ces derniers avaient émis une fin de non recevoir, arguant de « marges infimes ». Aujourd’hui, c’est aux patrons de la Confédération des petites et moyennes entreprises de Saône-et-Loire (CPME 71) de protester contre la demande de prise en charge financière - sous forme d’avance d’une contribution « inflation » décidée par le gouvernement.

Les organisations patronales sont mécontentes

Dans un communiqué, Thierry Buatois, secrétaire général de la CPME 71, qui revendique être la « première représentativité patronale », rappelle que l’augmentation de 30% des carburants a « certes des conséquences pour les salariés mais elle impacte aussi les entreprises, et notamment les PME ». Une augmentation qui, selon lui, frappe de plein fouet les métiers qui exigent des déplacements et pèse sur les entreprises : « Il est donc pour le moins surprenant d’entendre des voix s’élever pour réclamer une prise en charge financière, sous une forme ou une autre, par nos entreprises, et ce, d’autant plus que les taxes constituent près de 60% du prix des carburants ».

La grogne ne se limite pas à la Saône-et-Loire puisque plusieurs organisations patronales ont dors et déjà dénoncé une usine à gaz. Dans les faits, les entreprises devront faire l’avance de ces « primes » aux salariés gagnant moins de 2000 euros par mois ; avance qui sera « remboursée » sous forme de remise sur les cotisations sociales. Une dépense estimée entre 3 et 5000 euros pour chaque entreprise alors que, conclue Thierry Buatois : « Nos entreprises ne peuvent être tenues pour responsables de l’augmentation des prix du carburant, elles en sont également victimes et ne peuvent en être comptables. »

Antoine Gavory