Entreprises

IA, Data… : l’UMIH 21 arme ses chefs d’entreprise

Hôtellerie. Lors de la présentation de leurs vœux pour 2026, les co-présidents de l’organisation professionnelle ont dressé un bilan sans concession de l’année écoulée tout en traçant les perspectives d’un secteur CHRD en pleine mutation.

Lecture 4 min
Lionnel Peticolas (gauche) et Christophe Le Mesnil, co-présidents de l’Umih 21 « En 2026, restons unis, restons UMIH et faisons collectivement de cette année une réussite pour notre secteur et nos 560 établissements adhérents ! ». (Crédit : JDP.)

Christophe Le Mesnil et Lionnel Petitcolas, co-présidents de l’Union des métiers et des industrie de l’hôtellerie 21 avaient réuni mardi 21 janvier adhérents et sympathisants à Dijon au restaurant Le Marta pour la traditionnelle présentation des vœux, accompagnée de la non-moins traditionnelle tête de veau. Dans leurs discours, ils ont immédiatement posé le décor d’une période « particulièrement complexe » pour les chefs d’entreprise. « Pour un chef d’entreprise, cette instabilité n’est pas un concept abstrait. Elle a des conséquences très concrètes quand les règles fiscales, sociales ou réglementaires peuvent évoluer sans visibilité », a ainsi dénoncé Christophe Le Mesnil. L’abandon inattendu de la CVAE dans le projet de loi de finances (présenté avec la veille grâce à un 49.3 par le Premier ministre devant les députés) est cité comme l’exemple type de ce manque de cohérence qui freine l’investissement et le recrutement dans le secteur.

Des chiffres alarmants

Lionnel Peticolas a pris le relais pour étayer ce constat, issu des données de l’Observatoire de la restauration. L’année 2025 s’est soldée par une baisse d’activité généralisée sur l’ensemble du territoire national : - 4,1 % de chiffre d’affaires pour la restauration traditionnelle, - 4,2 % pour la restauration rapide et -3,8 % pour les débits de boisson. Une situation aggravée, estime-t-il, par une hausse des charges et un détournement des titres-restaurant de leur mission première : « - de 40 % de ces titres ont été consommés dans les restaurants en 2024, ce qui représente une perte sèche de 900 M€ par an » pour les professionnels.

L’innovation au service des adhérents

Face à la crise, l’UMIH 21 mise sur l’accompagnement technique et technologique. Christophe Le Mesnil a détaillé le renforcement du bulletin d’information et le succès des « Petits déjeuners experts », conçus pour apporter « des réponses concrètes » sur des sujets comme la fiscalité ou le droit social. L’innovation passe également par l’intelligence artificielle avec l’outil GroUmih. « L’IA peut devenir un assistant, pas un décideur, et un véritable soutien au quotidien » pour vérifier une obligation légale ou préparer un entretien RH.

Sécurité et attractivité des métiers : les nouveaux défis

En lien avec le récent incendie de l’établissement Le Constellation à Crans-Montana (40 morts, 116 blessés) qui a endeuillé le monde de la nuit, un volet important a été consacré à la sécurité, avec une volonté d’ouvrir un débat sur l’« alignement des réglementations entre les discothèques et les nouveaux lieux hybrides accueillant du public ».

Enfin, la question de l’intégration de la gen Z et du recrutement reste centrale. Bien que les métiers soient exigeants, Lionnel Peticolas rappelle qu’ils offrent une « ascension sociale » unique. La solution passera par la formation, martèlent les présidents, qui salue les outils locaux que Aktivéo (ex-Umih formation) et l’École des métiers. L’organisation compte peser sur le débat politique local. Christophe Le Mesnil a annoncé que les prochaines élections municipales seront l’occasion de proposer aux candidats un manifeste structuré autour de « cinq axes et 12 propositions » pour protéger l’avenir des 560 établissements adhérents.