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IA, logements, mutuelle : l’Umih 21 déploie ses solutions

Côte-d’Or. Malgré un climat de polycrise, l’organisation patronale de la Côte-d’Or affiche son dynamisme et se positionne comme le premier rempart du secteur de l’hôtellerie-restauration, des métiers de la nuit et des traiteurs du département.

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Le projet de résident à vocation d’emploi rue Joseph Garnier à Dijon (27 logements). (Crédit : Seturec (visuel non contractuel).)

Le bureau de l’Union des métiers des industries de l’hôtellerie de la Côted’Or (Umih 21), syndicat des cafetiers, restaurateurs, hôteliers, métiers de la nuit et traiteurs avait invité ses adhérents, mardi 31 mars, au Bal’Tazar pour l’assemblée générale annuelle. Dans un contexte où les entreprises doivent naviguer à vue, le syndicat, par la voix de son co-président Lionnel Petitcolas, revendique une stabilité rassurante. Si « l’incertitude sera encore là en 2026, incertitude politique, incertitude financière, incertitude liée au contexte international, et sans doute faudra-t-il apprendre à composer avec durablement », a-t-il prévenu lors de l’assemblée générale, les indicateurs sont au vert pour l’organisation : l’effectif a progressé en 2025, passant de 552 à 561 adhérents, un signe d’attractivité dans un secteur pourtant sous pression. Le syndicat revendique à ce titre son statut de véritable centre de services avec 348 consultations personnalisées réalisées l’an dernier. Sur le plan comptable, Clémence Carminati du Fou, trésorière, a présenté un bilan équilibré, avec un résultat d’exercice affichant une perte de 10.047 €, sachant que le montant annuel des cotisations collecté s’élève à 213.318 €.

IA et data en leviers de performance

L’innovation est devenue le fer de lance de l’Umih 21 pour épauler ses membres. Le syndicat a déployé « GroUmih 21 », un assistant intelligent boosté à l’intelligence artificielle. Ce dernier a déjà traité 120 questions complexes (dont 40 % sur les problèmes de paie et 30 % sur le droit social). Parallèlement, un baromètre de l’activité hôtelière, présenté par Alexandre Krips (représentant les hôteliers de chaîne au sein de l’Umih 21) financé par la CCI, permet désormais de piloter les établissements via les indicateurs clés de l’hôtellerie (TO, PM et RevPAR). Pour 2026, l’outil s’affine avec de nouveaux zonages comme la Haute Côte-d’Or et la Côte de Nuits. L’accompagnement passe aussi par de nouveaux formats, comme les « petits-déjeuners experts ». Christophe Le Mesnil, co-président, souligne l’aspect pratique de ce rendez-vous de 8 h à 9 h : « Ça permet aux professionnels, peut-être avant d’aller faire les courses pour remplir leur cuisine d’y assister, soit en présentiel soit en visioconférence. »

Logement : l’atout attractivité

Pour pallier les difficultés de recrutement dans des filières désormais inscrites parmi les métiers en tension, l’Umih 21 passe à l’offensive sur le terrain immobilier. Un projet de 27 logements à Dijon vient de voir son permis de construire déposé. L’objectif est clair : « Faire du logement un atout et non plus un handicap », explique Lionnel Petitcolas, en permettant aux nouveaux collaborateurs de se loger durant leur période d’essai grâce à un appartement sur abonnement, pris en charge par l’employeur.

Enfin, au niveau national, l’organisation savoure ses victoires juridiques. Thierry Fontaine (Umih nuit) a rappelé les récents succès face aux plateformes : « Les combats contre Booking ou Airbnb semblaient perdus d’avance il y a quelques années, mais les victoires récentes nous donnent raison. » L’Umih a notamment contraint le géant Booking à réviser 40 clauses abusives. L’organisation a aussi réussi à sécuriser la défiscalisation des pourboires jusqu’en 2028 et propose enfin à destination de ses adhérents une mutuelle taillée pour les besoins spécifiques du secteur.