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Inflation, transitions, épargne, crédits... : la CEBFC, un « amortisseur » territorial

Région BFC. Dans un contexte géopolitique dont les impacts sont immédiats sur le tissu économique, la Caisse d’Épargne Bourgogne Franche-Comté est le 2e financeur des particuliers et celui d’une PME sur quatre.

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Photo de Yann Le Guilloux, Frédérique Balédent, Jérôme Ballet, Ludivine Martin, Fabien Chauve
Les membres du directoire, de gauche à droite : Yann Le Guilloux (Banque de détail) , Frédérique Balédent (Banque de développement régional), Jérôme Ballet (président), Ludivine Martin (finances) et Fabien Chauve (ressources). Crédit : JDP.

En cette mi-année 2026, face à l’envolée des coûts et à l’érosion du pouvoir d’achat, le directoire de la Caisse d’Épargne Bourgogne-Franche-Comté (CEBFC) affiche des indicateurs records pour soutenir le territoire et se positionne en « banque de proximité », revendiquant un lien de « confiance » unique avec ses 705 287 clients.

Dans un monde globalisé, le lien entre les tensions géopolitiques mondiales (Ukraine, Iran) et l’économie locale passe par la Banque Centrale Européenne (BCE), dont les boussoles sont l’inflation et la croissance. L’envolée des prix de l’énergie (gaz, pétrole) et la désorganisation des chaînes d’approvisionnement ont logiquement créé un choc inflationniste. Si la BCE maintient pour l’instant ses taux à 2 %, les marchés anticipent deux hausses dès le premier semestre 2026, augmentant le coût du financement des États. « Le conflit est lointain certes, mais les impacts sont immédiats et sont sur notre territoire, avertit Ludivine Martin, membre du Directoire (Pôle finances). Et ces impacts vont être durables. » Pour la région, cette situation se traduit par une baisse de la visibilité, « délétère pour les investissements ».

Ménages et entreprises sous haute pression

Le constat est rude. Pour les particuliers, les factures de carburant et de chauffage explosent, impactant le budget alimentaire. Les capacités d’endettement immobilier se réduisent, forçant l’arrêt de projets. Face à cela, le taux d’épargne des Français atteint un niveau record : 18,9 % en 2025, une tendance qui se poursuit en 2026, alors qu’une hausse du taux d’intérêt du Livret A à 1,8 % est prévue au premier août.

Sur le versant des entreprises, la Bourgogne-Franche-Comté se caractérise par un tissu industriel de sous-traitance très énergivore. Les prix des nylon, caoutchouc, plastique ont bondi de 30 % à 50 %, témoignent les clients de la banque régionale, or ces PME peinent à répercuter leurs coûts sur les grands donneurs d’ordre de l’automobile ou de l’aéronautique. Les exemples sont concrets : une entreprise de transport locale subit un « surcoût mensuel de 40 000 € » pour sa flotte de 40 camions. La viticulture souffre aussi de la hausse du carburant et des engrais. Et le bilan est lourd : la région enregistre une hausse de 20 % des faillites au premier trimestre 2026, contre 6 % au niveau national, ce qui fait de la BFC le triste champion national des défaillances.

La structure interne au groupe BPCE « La Banque de l’Orme » accompagne les entreprises en sauvegarde ou redressement. Avec 800 procédures en cours et une centaine d’ouvertures de comptes par an, elle maintient l’activité en lien avec les mandataires et revendique une solution de préservation de 40 %. « Préserver une entreprise, c’est préserver aussi l’emploi et c’est préserver aussi l’écosystème local », rappelle le président du directoire, Jérôme Ballet.

Un modèle de proximité réaffirmé

Dans ce cadre, la CEBFC revendique son rôle de financeur, auprès des particuliers d’abord, avec 16 % de part de marché (15,99 % précisément) sur le crédit immobilier en 2025, faisant du groupe le deuxième prêteur de la région, avec 1,1 Md€ de crédits immobiliers financés. Contre la tendance d’autres banques nationales qui ferment des agences, la CEBFC maintient ses 167 agences et ses 1 000 collaborateurs dans 92 bassins de vie. Elle défend un modèle « phygital », alliant l’humain en milieu rural et le digital de pointe pour contrer les néobanques (Revolut, BoursoBank). Les optimisations restent urbaines, comme à Mâcon, où deux agences proches ont été fusionnées en un pôle de huit experts.

« La banque veut être un amortisseur de ces chocs exogènes, et aussi un accélérateur de solutions »
- Ludivine Martin, membre du directoire, pôle finances

Les financements pour la rénovation énergétique pure (isolation, chauffage) ont été multipliés par trois en 2025. Une offre spécifique a été lancée pour les copropriétés et petits bailleurs. Côté mobilité, face au bond de 20 % des ventes d’électrique au premier trimestre, la banque propose un prêt véhicule propre dédié. Enfin, elle rémunère l’épargne locale via un emprunt à 10 ans à plus de 4,4 %.

Soutenir l’économie et les transitions

Avec 70 experts au service des professionnels, la CEBFC affiche un taux de pénétration de 25 % des PME régionales (1 630 clients entreprises, soit +11 % vs 2024) et 76 M€ engagés à fin mars 2026, 5 Mds€ d’encours de crédit et 716 M€ de financement de l’économie locale. À noter que les prêts du secteur de la transition énergétique représentent 55,4 M€. Le groupe détient « 30 à 35 lignes d’investissement en fonds propres dans des PME régionales et gère le risque de change via ses salles de marchés », révèle Frédérique Balédent, membre du directoire (Pôle banque de développement régional). La CEBFC a par exemple accompagné le déploiement à l’international de l’entreprise de jouets en bois Juratoys (Orgelet), s’implique comme associé investisseur (Dauphine Dijon) ou accompagne les levées de fonds (entreprise d’upcycling Losanje à Nevers).

Du côté des collectivités locales, la CEBFC a distribué 200 M€ au global l’an dernier (dépassant l’enveloppe annoncée de 50 M€), notamment pour la rénovation énergétique des bâtiments publics des communes de moins de 10 000 habitants. « Chaque euro collecté via l’épargne sert à financer des projets du territoire. Le bilan de notre caisse d’épargne est un livret circuit court solidaire », relève Jérôme Ballet, président du Directoire.

Enfin, la banque régionale vient d’être labellisée par l’Afnor et a obtenu la certification Engagé RSE 2* (Iso 26000) qui souligne son implication dans la réduction de l’empreinte carbone symbolisée par son siège basse consommation, l’inclusion (taux d’emploi de personnes en situation de handicap de 8,8 %) et l’égalité (54,6 % de femmes cadres). « La promotion interne est valorisée », souligne Fabien Chauve (membre du directoire, pôle Ressources) : 8 % de la masse salariale a ainsi bénéficié d’une formation représentant 11 500 heures et 174 évolutions de carrière ont été constatées en 2025.