Jean-Denis Berger, messager de la loi Ripost
Côte-d’Or. Le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur Jean-Didier Berger a effectué un déplacement en Côte-d’Or, ce lundi 15 juin 2026. Dans le centre opérationnel OnDijon, auprès de la police municipale dijonnaise et des forces de l’Ordre auxquelles il a apporté son soutien, Jean-Didier Berger plaide pour un arsenal technologique renforcé au service de la sécurité des citoyens, prévu dans deux projets de loi dont Ripost (réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens).
En déplacement en Côte-d’Or et en particulier au centre opérationnel OnDijon- espace de gestion centralisée de l’espace public et de l’ensemble des équipements urbains connectés des 23 communes composant le territoire : feux de circulation, éclairage, vidéo-protection, services de voirie - dont il a salué l’exemplarité, Jean-Didier Berger a défendu le bilan sécuritaire de l’exécutif : entre renforts de terrain et innovations technologiques, il assure que le gouvernement avance vers une sécurité renforcée grâce aux projets de loi Ripost (« réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens ») et concernant la Police municipale, toutes deux adoptées en première lecture au Sénat. Deux textes, qualifiés par le ministre de « lois de remontée de terrain » qui vont offrir aux forces de sécurité intérieure les moyens « d’aller plus loin » et « d’aller plus vite » au service de la protection des citoyens.
La loi police municipale apportera des évolutions concrètes pour les agents locaux : la possibilité de dresser directement des amendes forfaitaires délictuelles ; l’accès à des technologies jusqu’alors refusées, notamment l’usage des drones ; davantage de prérogatives concernant la lecture automatisée des plaques d’immatriculation.
Pas de police métropolitaine des transports
Interrogé sur la création d’une police métropolitaine des transports, une demande forte des élus comme Guillaume Ruet (maire de Chevigny-Saint-Sauveur, présent lors de cette visite) ou la maire de Dijon Nathalie Koenders, Jean-Didier Berger a tranché : « Ce n’est plus à l’ordre du jour », avant de botter en touche en arguant d’un bilan positif pour l’année 2025, marquée par une « baisse de 8 % de la délinquance, de nombreuses interpellations et une sécurité accrue dans les transports ». Le déploiement des caméras-piétons est notamment cité comme un outil « ayant permis de désamorcer de nombreuses situations ». Évoquant une amélioration globale à l’échelle nationale, il affirme que la tranquillité publique dans les transports est revenue au niveau d’il y a 10 ans. « Le gouvernement, aux côtés de Philippe Tabarot, ministre des Transports, entend poursuivre dans cette voie. »
Le recours à la technologie algorithmique sera en revanche renforcé, Jean-Didier Berger évoquant « la vidéo protection assistée » comme un outil majeur, intégré d’ailleurs au projet de loi Ripost. Concrètement, il s’agit de guider directement les opérateurs qui gèrent parfois « des dizaines, des centaines, voire des milliers de caméras » vers la bonne image, « plutôt que de compter simplement sur leur expérience, sur leur talent ou sur la chance », l’outil permettant de détecter immédiatement des situations critiques : départ de feu, pénétration dans un périmètre interdit, mouvement de foule ou dépôt de colis suspect. Les opérateurs peuvent alors envoyer instantanément sur place un agent de la police municipale, de la police nationale ou de la gendarmerie pour vérification. « Je compte évidemment sur la bienveillance des parlementaires pour faire adopter ce dispositif dans les meilleurs délais », a souri Jean-Didier Berger. Cette technologie, qui a prouvé son efficacité lors des Jeux Olympiques de 2024, sera de nouveau déployée pour les JO de 2030. Jean-Didier Berger et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, plaident donc pour son utilisation dès à présent. Face aux questions sur son encadrement, le ministre assure que de nombreuses précautions sont prises pour préserver « la liberté publique qui est un objectif de valeur constitutionnelle auquel nous sommes extrêmement sensibles ».
La sécurité au service de l’attractivité
Le coût de ces innovations - (100 M€ pour un centre opérationnel comme OnDijon) sera-t-il un frein alors que les finances publiques sont à mal ? Jean-Didier Berger réaffirme que la sécurité est « la priorité numéro 1 » des Français et à ce titre également celle du gouvernement de Sébastien Lecornu alors que les échéances présidentielles s’approchent. Le ministre a tenu à rappeler les moyens humains et financiers d’ores et déjà déployés sur le territoire : l’ajout de 10 000 policiers et gendarmes, l’arrivée de 700 enquêteurs supplémentaires ou l’attribution de crédits dédiés au développement des outils de sécurité.
Mais ce n’est pas tout, appuie Jean-Didier Berger : « Un gouvernement qui fait plus de sécurité, c’est un gouvernement qui agit aussi pour la confiance partout sur le territoire. Pour qu’il y ait de l’emploi créé, pour qu’il y ait de l’activité créée, pour qu’il y ait du tourisme créé, il faut que nos compatriotes et ceux qui viennent nous voir se sentent en sécurité et donc c’est tout cet écosystème que nous contribuons à créer, en lien avec les collectivités locales qui investissent également beaucoup ». Cet effort de sécurité repose selon lui sur une complémentarité étroite au sein d’un « continuum de sécurité » associant l’État, les collectivités locales et les entreprises publiques et privées.
En conclusion de sa visite, Jean-Didier Berger qui s’est rendu Place Suquet à Dijon auprès de la Police nationale et à la Brigade gendarmerie de Châtillon-sur-Seine a tenu à apporter son soutien personnel ainsi que celui du ministre de l’Intérieur aux agents. Reconnaissant des conditions d’exercice difficiles, une forte pression et des affaires parfois « extrêmement lourdes à porter » - la découverte du corps de la jeune Lyhanna, vraisemblablement victime d’un pédocriminel est dans toutes les têtes - il a salué la volonté des policiers et des gendarmes « qui font leur maximum pour faire en sorte que la sécurité de nos compatriotes soit bien assurée ».