L’atelier Éline, un précieux savoir-faire
Yonne. Entre tradition joaillière et création contemporaine, l’atelier Eline fait rayonner un artisanat d’excellence au coeur de la ville de Sens.
En Bourgogne Franche-Comté, les métiers d’art sont considérés comme une richesse patrimoniale de production qui s’appuie sur un réseau de plus de 11 000 entreprises et des formations spécialisées. La bijouterie-joaillerie a particulièrement fait son nid à Besançon. Mais c’est à Sens qu’Éline Riquier a choisi de s’implanter en novembre 2025, aux côtés de maisons reconnues telles que la bijouterie Lamalle. Des vitres de l’ancienne boutique transformées en verrières coulissantes à des meubles anciens récupérés, la jeune artisane a imaginé un atelier dans ce bâtiment du XVIe siècle, où le charme de l’ancien se mêle à un espace de travail contemporain.
Un « métier d’art-passion »
« Je suis tombée dedans comme on tomberait dans une marmite de potion magique », s’amuse Éline Riquier. Chez cette jeune artisane de 28 ans, le mot « passion » revient comme une évidence lorsqu’elle évoque ce métier séculaire : « C’est un métier que je ne peux pas lâcher », confie Éline, amoureuse de ce métier depuis plusieurs années, alors qu’elle se destinait aux arts graphiques. Lors de visites d’écoles pour ses futures études, elle découvre une salle dédiée à la bijouterie : « Je suis restée bloquée une heure ». Éline évoque un véritable coup de cœur professionnel qui l’amènera à intégrer une école spécialisée à Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, un parcours complété par une formation de styliste-modéliste.
Une clientèle déjà fidèle
Éline Riquier fait ses premiers pas dans le métier il y a trois ans en tant que micro-entrepreneuse : « J’avais mon petit atelier chez mes parents, j’en parlais autour de moi, je me déplaçais chez les gens pour réaliser des diagnostics. Et finalement j’ai eu l’opportunité de m’installer en ville ». Originaire de Villeneuve-d’Ascq, elle devient Sénonaise de cœur après l’installation de ses parents dans la région, où elle a grandi. Elle choisit donc naturellement d’y établir sa boutique avec un capital de départ d’environ 9 000 € pour l’achat de matériel d’occasion, bénéficiant également de l’Acre par France Travail. Une initiative qui lui permet de multiplier sa clientèle, majoritairement sénonaise, qu’elle estime en hausse de plus de 200 %. Mais son atelier attire également une clientèle internationale, grâce aux nombreux touristes de passage, néerlandais, britanniques ou chinois, qui franchissent sa porte.
Un savoir-faire polyvalent
« J’ai commencé par la foire de Sens 2024 pour montrer au public que j’existe », raconte Éline Riquier, qui affiche aujourd’hui un chiffre d’affaires annuel d’environ 16 000 €, dont près de la moitié provient de ses créations, réalisées au gré de ses inspirations et des saisons, notamment à l’approche de Noël. « Je peux absolument tout réparer », affirme également la joaillère, qui travaille principalement l’argent, son métal de prédilection. Boucles d’oreilles orphelines, bagues à redimensionner ou bijoux impossibles à retirer : « ne vous faites pas emprisonner par vos bagues », plaisante-t-elle. Afin d’offrir un service complet, elle collabore également avec plusieurs professionnels, parmi lesquels des antiquaires, une horlogère sénonaise et un lapidaire installé à Bois-le-Roi.