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L’Eden : une histoire sans fin au paradis des danseurs

Côte-d’Or. Le bal monté L’Éden, rendez-vous emblématique des dimanches depuis les années 80, poursuit son activité à La Roche-Vanneau avec de nouveaux propriétaires à partir du 1er octobre.

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Photo de Jean Pallant, Colette Suchetet, Angélique Bernard et Clément Carré
Jean Pallant, Colette Suchetet, Angélique Bernard et Clément Carré, devant la piste de danse de l’Eden. (Crdits : JDP)

Emblématique, mythique, incontournable... dans l’Auxois, l’Eden, bal monté de La Roche-Vanneau, est une véritable institution à la déjà longue histoire (voir encadré). Une saga suspendue depuis 2020 au dynamisme de ses propriétaires, Colette Suchetet (88 ans) et Jean Pallant (77 ans), dont ils viennent de transmettre le flambeau à Angélique Bernard et Clément Carré, même pas 80 ans à eux deux...

Venus en visiteurs pour passer un bon moment dans le bal monté, le couple de jeunots sympathisent avec les propriétaires et c’est après une danse avec Colette Suchetet que l’idée d’une transmission se fait jour. Les propriétaires ont bien déjà eu d’autres propositions mais... « Eux, ils me plaisaient bien, tranche Jean, leur projet était bien et ils étaient honnêtes ». Parfois, les affaires ce n’est pas plus compliqué que cela...

Ne rien changer...

Le « projet » d’Angélique et Clément est assez clair : le changement dans la continuité. « On veut conserver le bal du dimanche, et développer la clientèle, d’abord par le biais des réseaux sociaux », explique Angélique Bernard. Pas question de révolutionner ce qui fait, depuis les années 80, le succès de l’Eden : tous les dimanches après-midis ou presque de l’année, cinq heures non stop de musique rétro en live - jamais de set enregistré - et sur la piste, de la valse, du tango, « de la danse en ligne, de la bachata, du kuduro... », détaille Colette Suchetet. Les orchestres viennent de toute la France et sont bookés plus d’un an à l’avance : la programmation de l’Eden pour 2027 est déjà faite, celle de 2028 bien avancée !

La clientèle a plus de 60 ans, même si les soirées années 80, le samedi, attire des danseurs un peu plus jeunes. À 13 € (et le café offert !), avec un bar Licence 3 dont les prix s’alignent sur les moyens de retraités en milieu rural (traduire : plus que raisonnables), l’Eden équilibre à peu près ses dépenses de fonctionnement avec une centaine de danseurs à chaque ouverture.

En plus des fidèles, venus parfois depuis Dijon, Langres et même de l’Yonne, l’enjeu est donc bien celui de la notoriété pour capter une nouvelle clientèle. Et ce d’autant qu’Angélique Bernard et Clément Carré ont engagé leurs fonds propres pour racheter ce qu’ils appellent « leur troisième enfant » : « pas de prêt, pas de risques », estiment-ils de concert.

Lieu de socialisation

Au-delà de l’aspect économique, les repreneurs ont bien conscience de perpétuer avec ce rachat de l’Eden bien plus qu’un lieu de danse. « Les gens viennent chercher ici de la convivialité, dans une ambiance familiale », analysent-ils, dans un territoire rural où la solitude est le lot de nombreuses personnes âgées dont l’isolement n’est parfois troublé que par le passage d’une association de services à domicile ou la visite au médecin.

L’Eden apparaît alors comme un pôle de socialisation, - « on s’apprête pour venir danser », raconte Angélique Bernard avec beaucoup de tendresse, en admirant la vitalité de ces seniors capables d’enchaîner plusieurs heures de danse une fois par semaine. Un lieu unique à des kilomètres à la ronde, qui change parfois le cours des vies. « Il y a beaucoup de veuvage, alors on vient aussi pour la rencontre », sourit Jean Pallant. La preuve : c’est à l’Eden qu’il a fait la rencontre de Colette Suchetet.

Les deux ont bien l’intention de continuer à fouler le parquet de l’Eden lorsqu’ils auront transmis, Colette, Dalida moderne, espérant même y mourir en dansant. Il est parfois des transmissions d’entreprise qui, bien au-delà d’un acte notarié, ressemblent davantage à un magnifique partage d’humanité...