La BFC au coeur de la future autoroute française de l’hydrogène
Région BFC. Projet majeur de la transition énergétique européenne, Hy-Fen entame sa phase de concertation publique. Portée par NaTran, cette dorsale de 820 km reliera le sud de la France jusqu’à la frontière allemande pour un investissement de 4,5 Md€. Traversant la région BFC sur une centaine de kilomètres, l’ouvrage vise notamment à accompagner la décarbonation de l’industrie locale et à inscrire le territoire au croisement des grands flux européens d’énergie propre dès sa mise en service prévue en 2032.
Anciennement connue sous le nom de GRTgaz, l’entreprise NaTran, deuxième opérateur européen de transport gazier avec 32.500 kilomètres de canalisations, déploie la première dorsale nationale dédiée au transport d’hydrogène renouvelable et bas-carbone. Baptisée Hy-Fen, cette conduite enterrée reliera la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer à Erching (Moselle), puis jusqu’à la frontière allemande, en traversant 13 départements et cinq régions, affichant une capacité de transport estimée à deux millions de tonnes d’hydrogène par an.
Labellisé « Projet d’intérêt commun » par la Commission européenne et bénéficiant à ce titre d’un cofinancement pour ses études, cet ouvrage constitue un maillon essentiel du corridor transfrontalier H2med, reliant la péninsule Ibérique aux bassins de consommation d’Europe du Nord. « L’hydrogène renouvelable et bas-carbone est appelé à jouer un rôle croissant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et atteindre la neutralité carbone, affirme Anthony Mazzenga, directeur du développement de NaTran. Pour concrétiser sa montée en puissance en Europe, la production seule ne suffit pas : il faut aussi pouvoir le transporter, de manière fiable, sécurisée et économiquement soutenable ».
Ce projet de transport gazier s’inscrit dans les objectifs européens qui visent une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 et neutralité carbone d’ici à 2050, la production de dix millions de tonnes d’hydrogène renouvelable en Europe d’ici à 2030 et une couverture par l’hydrogène bas carbone de la demande énergétique comprise entre 20 et 25 % d’ici à 2050.
« Sur le projet HY-FEN, nous parlons d’un budget d’investissement de 4,5 M€ à date. C’est une infrastructure de très grande ampleur qui s’inscrira dans un modèle économique régulé et s’étendra sur plusieurs décennies pour relier les zones de production, de consommation et de stockage », explique Anthony Mazzenga, directeur du développement de NaTran.
Coéligible aux subventions du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe pour la phase de construction, le réseau sera ouvert aux producteurs, consommateurs et gestionnaire de stockage, selon le modèle gazier régulé pour offrir un accès équitable aux producteurs et aux consommateurs industriels. « L’objectif d’Hy-Fen est à la fois d’accompagner la décarbonation de l’industrie, de participer à la création d’un réseau hydrogène structuré reliant les zones de production, de consommation et de stockage et de contribuer à la souveraineté énergétique et industrielle du pays ».
100 km pour décarboner l’industrie régionale
Au sein de ce réseau structurant de 820 kilomètres, la région Bourgogne Franche-Comté occupe une position géographique privilégiée. La canalisation en acier de haute résistance, affichant un diamètre compris entre 914 et 1.219 millimètres, y sera enfouie à au moins un mètre de profondeur dans le sous-sol, garantissant une intégration paysagère totale après travaux. Le fuseau d’étude traverse deux départements de la région, la Côte-d’Or et la Saône-et-Loire. Le projet prévoit également l’implantation d’installations de surface légères, comme des postes de sectionnement et des postes d’interconnexion raccordant les futurs stockages et réseaux adjacents.
La mobilisation politique des territoires traversés s’est illustrée dès le 1er juillet 2025 par la signature d’une déclaration commune à Lyon par les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est et Bourgogne Franche-Comté. Cet engagement s’accompagne d’un dialogue approfondi engagé depuis plusieurs mois entre NaTran, les collectivités locales et les acteurs économiques afin d’identifier les besoins industriels et les opportunités de conversion vers l’hydrogène décarboné.
« S’agissant de la région Bourgogne Franche-Comté, on a une canalisation de l’ordre d’une centaine de kilomètres. C’est une infrastructure importante qui passera par la région, dont le montant d’investissement est en cours d’affilage. Nous sommes également en cours de discussion depuis plusieurs mois sur la participation des entreprises et l’identification de celles intéressées par ce gaz renouvelable et bas-carbone », souligne Agnès Sindo-Faurie, déléguée territoriale Rhône-Méditerranée.
La concertation préalable, garantie par quatre garants indépendants de la Commission nationale du débat Public, doit permettre d’associer l’ensemble du public lors de réunions prévues jusqu’en décembre. En Bourgogne Franche-Comté, quatre rendez-vous majeurs sont organisés :
- un débat le 7 novembre à Genlis ;
- une réunion publique locale consacrée aux enjeux socio-économiques le 10 novembre à Dijon ;
- un second débat le 16 novembre en Bresse louhannaise ;
- une réunion sur les enjeux locaux le 17 novembre à Chalon-sur-Saône.
Cette démarche progressive permettra d’affiner le tracé, au sein du fuseau d’étude large actuellement de 4 à 6 kilomètres, dans une logique de moindre impact avant la décision finale d’investissement et la demande d’autorisations administratives prévues en 2029-2030. La phase de construction, étalée de 2030 à 2032, générera par ailleurs de nombreuses retombées économiques locales en sollicitant les entreprises du bâtiment et des travaux publics de la région, avant la mise en service officielle planifiée pour 2032.