Informations régionales économiques et juridiques
92e année

La CCI de l’Yonne lance les grandes manoeuvres

Entreprises. Programmée depuis deux ans par la chambre consulaire, la rénovation du site va bénéficier, en partie, du fonds « friches » piloté par les services de l’État pour offrir des conditions d’accueil optimisées aux créateurs d’entreprise.

DR

Le quartier de la Turgotine poursuit sa mutation économique. Après l’implantation de la station d’hydrogène AuxHYGen sur le site désaffecté de Shell, les anciennes installations militaires de maintenance ferroviaire, qui abritent la pépinière d’entreprises de l’Auxerrois depuis le milieu des années 1980, s’apprêtent à connaître une cure de jouvence. Ce projet porté par la CCI de l’Yonne - propriétaire des lieux - a d’ailleurs bénéficié d’un véritable coup d’accélérateur grâce au soutien du plan gouvernemental France relance. Dans le cadre du fonds de 300 millions d’euros consacré au financement du recyclage de friches industrielles, 600.000 euros ont été attribués à la réhabilitation d’une partie des 11.000 mètres carrés de bâtiments.

« Nous allons dupliquer bientôt cette configuration dans l’hôtel d’entreprises de Sens »

La première phase de travaux, qui s’étend sur une surface de près de 3.000 mètres carrés, a été chiffrée à quatre millions d’euros. Le concours d’architectes a débuté il y a quelques jours seulement. « Nous nous sommes appuyés sur le schéma directeur du cabinet spécialisé Florès. Ce programme s’étale sur plus de dix ans, découpé en quatre phases, et le chiffrage global dépassera les 10 millions d’euros », explique Jérôme Mayel, le directeur général de la CCI de l’Yonne.

« En partenariat avec la ville d’Auxerre, nous allons redimensionner l’entrée de la pépinière avec un accès au bâtiment B02 qui abritera l’espace d’accueil, des salles modulables de réunions et de coworking ainsi que des services externes aux entreprises. À terme, ce pavillon de 1.400 mètres carrés inclura aussi notre pôle formation. En mixant création, formation professionnelle et services de la chambre, nous souhaitons conférer à cette pépinière, cohérence et attractivité. » À elle seule, la rénovation de ce qui deviendra la « capitainerie » du site est estimée à 2,6 millions d’euros. Son ouverture est prévue à l’horizon 2023.

Une approche nouvelle

Ce projet d’envergure ne se limite pas à une simple rénovation structurelle à laquelle seraient adjointes de nouvelles entités. L’institution consulaire entend inscrire la pépinière dans une stratégie plus globale, initiée à l’échelle de l’agglomération. « L’idée est de l’intégrer dans un chemin de valeur qui comprend la formation universitaire, l’incubation et la création. Cet écosystème du parcours de l’entrepreneur comprendra demain l’IUT, le Fablab des vestiaires Guilliet dédié à la R&D et le pôle environnemental occupé par l’incubateur hydrogène. »

Une voie à mobilité douce connectera, à terme, chacun des sites. En accueillant des organismes de formation, des cabinets d’experts-comptables et les services consulaires, la pépinière de l’Auxerrois préfigure le nouveau visage des autres sites gérés par la CCI de l’Yonne. « Nous allons dupliquer bientôt cette configuration dans l’hôtel d’entreprises de Sens », annonce, déjà, Jérôme Mayel. Des pépinières et des hôtels d’entreprises qui, de Tonnerre à Saint-Florentin en passant par Toucy, ne semblent pas connaître de crise de vocation puisque de l’aveu même du directeur général, le taux d’occupation est particulièrement satisfaisant.

Stéphane Bourdier